> Retour


 



L'insurrection de Peille : 15-20 août 1944

 

 

témoignage d'André Laugier


quoi

 

Afin de compléter le récit d'André Laugier, nous avons décidé d'ajouter l'allocution prononcée par le président du Comité de Libération, Joseph Brocard, prononcée à l'occasion du premier anniversaire de l'insurrection de Peille, devant le monument aux morts.

« Les cérémonies qui se sont déroulées il y a quelques instants nous rappellent des souvenirs bien douloureux. Le 15 août 1944, la population de Peille qui attendait avec impatience l’heure de la libération, annoncée le matin même par le débarquement des Alliés, s’apprêtait à participer effectivement à chasser l’envahisseur. Son ardeur n’avait d’égale que son patriotisme et je me fais un plaisir ici de rendre un public hommage à tous ceux qui, au péril de leur vie, n’ont pas hésité à œuvrer pour la libération.
Qu’il s’agisse des parachutages d’armes et de munitions dont une partie permirent d’envisager les combat entrepris. Qu’il s’agisse du ravitaillement du maquis, qui abritait ceux que Vichy nommait des terroristes, presque tous avez contribué à la Victoire et à reconquérir notre sol souillé par ces hordes barbares. A tous je vous dis, MERCI.
Puisque l’occasion m’est offerte aujourd’hui de remercier publiquement tous les artisans de cette lutte libératrice qui nous a conduit à la victoire, qu’il me soit permis de féliciter particulièrement, la brigade de gendarmerie de Sospel, qui sous l’impulsion de l’adjudant BERTREM, était l’âme du Maquis de Peille. Ils étaient toujours sur la brèche et les premiers au combat. Ils étaient animés du plus bel esprit patriotique. Nous les connaissions tous et leur souvenir restera dans nos mémoires. Ce corps d’élite représente pour nous tous l’incarnation de la Résistance. C’est devant vous, mon commandant, qui avez tenu à rehausser par votre présence l’éclat de cette simple cérémonie pour commémorer la perte de l’un des vôtres, que je veux faire l’éloge de votre valeureux gendarme et je vous prie, au nom de toute la population, de leur transmettre nos sentiments de gratitude et de les féliciter pour l’ardeur combative dont ils ont fait preuve durant les événements qui se sont déroulés.
Nous aurions pu inscrire une page de gloire dans ce petit coin de France, mais la force a eu raison de notre audacieuse entreprise, et il ne nous reste que la fierté d’avoir démontré notre patriotisme à ceux qui voulaient notre asservissement.
Mesdames, Messieurs, la cérémonie que nous accomplissons devant ce monument, symbole du sacrifice des morts de la guerre 39-45 et ceux tombé pour la libération. Elle est bien modeste en regard de leur sacrifice, mais elle en symbolise pas moins le témoignage de notre plus vive gratitude. Il ne suffit pas de couvrir de lauriers leur mémoire, nous les remercions mieux en suivant le grand exemple qu’ils nous ont laissé. Ils se sont donnés complètement pour le salut de la France, donnons-nous sans réserve à son relèvement. Ils se sont sacrifier pour leur Patrie et nos descendants verront mieux que nous ce que leur dévouement avait de nécessaire et de sublime.
Aux parents, aux veuves, aux enfants de ceux dont la solennité qui nous rassemble en ce jour, nous honorons leur mémoire. Je sais combien ils ont été braves dans le malheur qui les a frappés, et c’est pourquoi je m’incline avec respect devant leur deuil. Leur douleur sera un peu atténuée par la consolation de savoir qu’ils sont tombés pour défendre la Justice, le Droit et la Liberté ».

Douments-Témoignages-Recherche

publié par le Musée de la Résistance Azuréenne
http://resistance.azur.free.fr
resistance.azur@free.fr