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Les Jeunes dans la Résistance
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Le
11 juin, à 5 heures de matin, au carrefour des routes nationales
207 et 555, à 300 mètres du village de Saint-Julien
du Verdon, dans les Basses-Alpes, des soldats de la Wehrmacht font
descendre d’un camion onze Français dont le plus âge
a 58 ans, le plus jeune 18.
Ces onze Français, extraits pendant la nuit de la prison de
Nice, viennent de rouler pendant des heures.
« Descendez et filez : Vous êtes libres ! » C’est
le feldwebel commandant du convoi qui prononce ces paroles.
Les onze prisonniers, ivres de joie, ramassent leurs minces bagages,
sautent leurs minces bagages, sautent à terre et s’éloignent.
Ils n’ont pas fait trente mètres que les Allemands les
ajustent avec leurs mitraillettes et font feu.
Les onze Français tombent… Quand on les découvrira,
quelques heures plus tard, l’un d’eux respire encore.
Et avant de mourir, il pourra révéler dans toute son
horreur l’ignominie des bourreaux nazis.
Parmi eux… Cézaire Aubé et Roger Demonceaux…
Lettres
de Césaire Aubé à ses parents.
Bien
cher papa et tata
Je vous écris ces quelques mots pour vous dire au revoir
et non pas adieu. Au moment où je vous écris cette
lettre vous pouvez croire que j’ai beaucoup de la peine
mais acceptez la avec courage, toi papa, tu dois mieux comprendre
: tu as fait la guerre et lorsque tu es parti, tu avais mon âge.
Ne me jugez pas trop durement car le devoir m’appelle, et
un jour vous serez fier de moi. Tata ne t’inquiète
pas pour moi. Monte à Ascros quand même mais monte.
Car à Nice, ca va barder dans quelques jours. Nous ne partons
pas pour longtemps, nous reviendrons dès que la situation
s’éclaircie. je vous écrirais si je veux et
vous pouvez m’écrire. vous donnerez les lettres au
porteur de celle-là. Il passera régulièrement
à la maison. |
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Mais
surtout ne vous inquiétez pas. Je ne suis pas le seul à
partir. François Roger et tous les copain sont partis avec
moi. Encore une fois, je vous dis au revoir et je vous quitte
en vous embrassant tous les deux bien fort.
Mille caresses.
Ne croyez pas que ce soit de l’ingratitude au contraire,
les chefs de la Libération nous ont donné l’ordre
de partir.
N’ébruitez pas mon départ vous pourriez attirer
des ennuis. Dites que je suis parti à Ascros. Encore une
fois, tata, part c’est sérieux.
Mille caresses et mille baisers de votre fils qui vous aime et
vous estime à cette heure grave, plus que jamais.
Ne me jugez pas trop durement.
Césaire Aubé, (entre le 7 et le 11 juin) |
Bien
chers parents
En ce moment, nous sommes dans les environs de Nice, Nous sommes bien
arrivés. J’espère que vous ne vous faîtes
pas trop de souci et que tata sera montée à Ascros.
Ne vous en faîtes pas. Dans très peu de temps, je serais
encore à la maison parmi vous. Ne vous inquiétez pas
maintenant si vous ne recevez pas beaucoup de nouvelles car (…)
je n’ai pas le temps. Maintenant je vous quitte en vous embrassant
tous bien fort.
Césaire Aubé, le 7 juin 44
| Lettres
de Roger Demonceaux à ses parents |
Chers
parents,
Devant
les intrigues de la Milice, de la Gestapo et des troupes allemandes,
je me suis vu contraint de rejoindre mes camarades du «
maquis ».
Je regrette de vous avoir désobéis et de vous faire
de la peine mais j’ai conscience qu’aujourd’hui
l’heure a sonné de tous se serrer pour libérer
notre pays.
Ne vous inquiétez pas pour moi ; je serais prudent. Prenez
des précautions également ca l’heure est grave.
Avec l’espoir de vous revoir sous peu, je vous embrasse
tous bien fort.
Roger
« Tous unis pour la Résistance »
que ceux qui sont des hommes le prouvent
Roger
Demonceaux, le 6 juin 44 |
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