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CONCOURS
NATIONAL DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION -2003 |
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Lettres de Césaire Aubé et Roger Demonceaux à leurs parents.
Nos
sources : Max
BURLANDO, Le PCF et ses militants dans la Résistance
des Alpes-Maritimes |
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“Jeunesse de France, c’est à vous surtout qu’incombe le dur et grand devoir de la guerre. L’honneur, aujourd’hui, c’est d’être une vague de la mer” (Charles DE GAULLE, Londres, Février 1943).
Nous éditons
ce dossier afin d’exploiter le thème 2003 du Concours
de la Résistance. Il va de soi que ce numéro 24 ne prétend
pas, en 12 pages, à l’exhaustivité mais qu’il
vise à fournir des exemples significatifs d’engagement,
voire de sacrifice suprême.
Premières actions de résistance En juillet et
août 1940, Raoul JULIEN, Emile OLIVA, André ODRU, Jules
A la mi-octobre, Pierre GEORGES (le futur colonel Fabien) rencontre à Nice les responsables des Jeunesses Communistes. Il insiste sur la nécessité d’accroître la diffusion des tracts appelant à lutter contre le gouvernement de PETAIN. Il appelle aussi à susciter dans les quartiers la création de Comités Populaires et encourage à poursuivre l’organisation de la Jeunesse. A cette époque, le groupe de Raoul SILLI diffuse des tracts antivichystes. Le groupe Raoul GASTAUD - Raoul JULIEN diffuse des tracts et cherche à rassembler des armes : il met en sûreté quelques armes de poing. Des inscriptions “A bas PETAIN le traître” sont faites sur les murs du Château et de la Vieille Ville de Nice. Un drapeau rouge marqué de la faucille et du marteau, confectionné par Jacqueline BUSCHIASSO, est accroché au pylone de la passerelle des abattoirs le 11 novembre, à l’initiative du groupe des jeunes de Pasteur, animé par André CARLINI. En octobre 1940,
se constitue au lycée de garçons le groupe d’étudiants
gaullistes animé par les Alsaciens réfugiés RACADOT
et ELSAESSER, comprenant Yves CASTELLI, Jacky CACAN, LE GOFF, PAGES,
Jacques ADAM, Pierre JOSELET, Paulette FRANCOIS, Simone GEOFFROY,
Christiane MELON. Marcel BAROVERO témoigne
sur l’épisode du 11 novembre 1940 au Lycée de
garçons de Nice : “Les lycéens gaullistes
ont manifesté à la sortie des cours dans la rue Désiré
NIEL bordant le Lycée et En novembre, Jacques
PEIRANI regroupe des élèves de Première
du lycée : “J’ai créé mon propre
groupe de Résistants. Il comprenait des lycéens habitant
dans le même quartier que moi ou se trouvant dans la même
classe ou une classe de même niveau. Mes camarades étaient
: Henri RODIER, Michel TOMASINI, René PONS, Antoine ONETO,
Benoît CIANI, Jean FRATONI, Pierre ANTONINI, Mathieu CARTOTTO.
Appartenaient Au printemps 1941, autour de Jacques ANTOINE (16 ans) se forme un autre groupe de jeunes gaullistes, surnommé “Lorraine” (Guillaume RUBENS 16 ans, Roger VILBERT 17 ans, Anselme MARIA 18 ans, Jeanine DESCLAUX 19 ans, Barthélémy FAZINCANI 20 ans) qui imprime et diffuse à Nice des papillons antitransalpins suscitant la protestation de la Commission italienne d’Armistice. A son retour des chantiers de Jeunesse, Jacques DENIS crée une région niçoise du Front Patriotique de la Jeunesse (FN), avec l’aide de la Polonaise Lilka RAAS, chargée à la MOI des questions de la jeunesse. Le Front Patriotique de la Jeunesse se développe rapidement à Nice en utilisant notamment comme “couverture” les Auberges de Jeunesse ainsi que l’Association Générale des Etudiants, boulevard DUBOUCHAGE, avec William CARUCHET. Jacqueline LAUTIER entre en résistance à 16 ans, en 1942 : “Mon père Marius, militant depuis son plus jeune âge, cheminot de métier, venait d’être déplacé. Un matin, au petit jour, on sonne. C’est une perquisition : on vient pour arrêter mon père mais il était parti ; on interroge longuement maman. En raison de mes 16 ans, nul ne fit attention à moi. J’en profitai pour aller à Toulon prévenir mon père du danger qu’il courait. Ce fut là mon premier acte de résistance (...) Un ami d’enfance me demanda des nouvelles de mon père. J’en profitai pour lui exprimerla volonté de faire, moi aussi, “quelque chose”. Le lendemain, je recevais des tracts, trop peu à mon gré. Il furent vite distribués ainsi que des papillons que je tapais à la machine et qui reproduisaient les mots d’ordre de l’époque : “A bas les SS ! Vive la France !“. Elle devient ensuite courrier des FTP, comme Henriette DUBOIS . Fin 1942-début 1943 Joseph ARNALDI, alors âgé de 16 ans, regroupe une dizaine d’élèves de Troisième et Seconde du lycée de garçons (Bernard AUDIBERT, Césaire AUBE, Raymond BAILET, Gilbert CAMPAN, Francis CRISTELLI, Roger DEMONCEAUX, Jean-Paul EMMANUELLI, Francis GALLO, René GILLY, Guy GUERIEL, Georges HADACEK, Robert SIROTTI). Ils diffusent le journal Combat, reproduisent la “Lettre ouverte” des étudiants de l’Université de Paris au Maréchal PETAIN à l’occasion de l’institution du STO. [haut de page] Les actions spécifiques des jeunes Le groupe Raoul JULIEN-André ODRU imprime le journal ronéotypé Jeunesse à l’automne 1940. Début 1941, la Jeunesse Communiste reprend la diffusion de tracts à Nice et à Villefranche. Jacques PEIRANI évoque le début de l’impression de tracts par le groupe des jeunes de Combat : “Courant 1941, nous nous sommes cotisés pour acheter une ronéo, d’occasion un peu ancienne. Elle était chez Jacques ADAM, les stencils étaient tapés par sa soeur Jacqueline ou par sa fiancée Livia. Jacques obtenait un peu de papier chez un ami imprimeur et nous diffusions alors quelques centaines de tracts. Nous rédigions un petit journal sur une feuille recto verso que Jacques avait baptisé Le Franc Tireur de Nice”. En octobre 1941 le cinéma Paris-Palace projeta Le juif Süss. Les jeunes de Combat décidèrent de réagir : “Nos groupes d’étudiants et de lycéens avaient acheté de l’amoniaque et du sulfure de carbone ; l’ammoniaque faisait tousser et le sulfure de carbone répandait une odeur d’oeufs pourris. Nous avons transvasé ce liquide dans de petits flacons. Nous nous sommes répartis deux par deux parmis les spectateurs, nous avons ouvert nos fioles en les faisant rouler sur le sol en rendant l’atmosphère irrespirable. Nous nous sommes mis à crier, à tousser, nous avons fait un immense chahut comme savent le faire les étudiants ; les gens ont commencé à se lever et à sortir précitamment ; finalement la direction a appelé la police qui a évacué la salle”. En novembre 1941, Jacques ADAM parcourut l’avenue de la Victoire (aujourd’hui Jean MEDECIN) avec un tract ronéoté indiquant : “un kiosque a brûlé à Nice pour affichage de la presse allemande”. Il lançait ce tract roulé en boule dans chaque kiosque et, une heure après les journaux Signal n’étaient plus affichés. Jacques PEIRANI évoque la figure de Jacques ADAM : “il était tout entier orienté vers l’action, disant : “qu’est-ce que les adultes attendent pour faire quelque chose, les journaux ce n’est pas suffisant”. Un jour, il me dit : “Je vais te montrer quelque chose”. Il sortit une sorte de lance-pierre qu’il avait confectionné avec un morceau de bois en forme de fourche et du caoutchouc de chambre à air. Il possédait un stock de billes en acier et ajouta : “Ca c’est pour les collabos”. Longtemps avant que ne commence l’action directe à Nice, Jacques, avec sa fronde et ses billes d’acier, se mettait dans un angle de portes et lançait ses billes sur les vitrines des magasins “collabos”, arrivant à les fendre ou à les briser. Jacques éprouvait de la haine et du dégoût pour les collaborateurs. Il répétait à leur égard “tas de fumier, va”. A la même époque, obéissant aux consignes de Radio-Londres, les jeunes de Combat dessinent, à la nuit tombante des “V” et des croix de Lorraine sur les murs de Nice. Jean BARBIER, fils de l’ancien proviseur du lycée de garçons, était un ardent patriote et un fervent gaulliste. Il avait déniché un certain nombre de croix de Lorraine en métal émaillé et chaque fois qu’un élève rejoignait le groupe, il lui remettait une de ces croix. Il arborait avec audace la croix de Lorraine à sa boutonnière à l’intérieur du lycée, ce qui suscita des bagarres avec les jeunes du PPF et de JFOM dans la cour comme sur l’esplanade du Paillon. Jacques PEIRANI évoque sa protection : “Pendant quelque temps, nous escortions BARBIER et le raccompagnions sur son chemin pour qu’il ne se fasse pas casser la figure”. A Antibes, des
jeunes gaullistes et communistes organisent une manifestation devant
le Monument aux Morts, le 11 novembre 1941, à l’initiative
de Louis PIETRI et de François PAUSELLI, ainsi que le 1er mai
1942, à l’initiative de Louis PIETRI et de Casimir SALUSSE.
Des jeunes, voire des très jeunes, sont utilisés par le FN et les FTP à des fins de transmission de courrier, de transport de tracts et journaux, parfois d’armes cachées sous des paniers ou cageots de légumes : c’est le cas de Paul PICA (14 ans) qui assure la liaison entre les groupes de Nice-Ouest à ceux de Vence à partir de mars 1942, de Maryse REVELAT (16 ans) qui assure des liaison dans la vallée du Paillon, à partir de l’occupation italienne et de Sébastien GIAUME (13 ans) sous l’occupation allemande à Nice. Au printemps 1943, se constitue la direction régionale des JC avec Jacques DENIS et Germaine IMBERT, laquelle se souvient des difficultés éprouvées : “Chaque jour, je changeais de nom, Sophie, Danielle, toujours avec la peur au ventre”. [haut de page] Les actions contre le STO L’institution
du Service du Travail Obligatoire, au début de 1943, suscite
de Les JC diffusent largement un tract contre le STO et aident les requis à se soustraire au départ forcé en donnant naissance à de nouveaux détachements de FTP. C’est ainsi qu’en août 1943, Joseph LAURENTI et Romain MAUREL organisent, au sud de Puget- Théniers, un centre de résistance destiné à recevoir les réfractaires au STO comme les volontaires pour le maquis. De très nombreux jeunes font partie des 8ème et 27ème compagnies de FTP. Marguerite IMBERT (17 ans) est chargée par le mouvement Franc-Tireur de saboter le fichier du STO, à la suite de son recrutement dans le service départemental du travail, remplacant les fiches de patriotes par celles d’individus connus pour leur sentiment de collaboration. Un tract signé par Combat, Franc-Tireur, Libération, le Front National et le Parti Communiste, au printemps 1943, incite les jeunes à rejoindre les formations militaires : “Pour porter à HITLER, à MUSSOLINI et à leurs valets PETAIN-LAVAL-DORIOT des coups décisifs, jeunes, rejoignez les groupes de Résistance et les groupes de francs-tireurs qui, les armes à la main, sont à l’avant-garde de la France Combattante”. De nombreux jeunes,
refusant de partir en Allemagne, prennent le maquis dans le Vaucluse
(comme le Cannois Henri PASCHKE et le SaintMartinois Jean SIDERI),
la Drôme (comme les Cannois Pierre GRAGLIA et Michel JOURDAN),
le Var (comme le Cannois André CHAUDE, le Mouansois Constant
DANNA, les Niçois Marcel BAILLE et André DUJARDIN),
les Basses Alpes (comme le Guillaumois François MINCHELLA et
les Niçois Victor FERRARIS, Stellio MAZZOTTI, Martial NATIVI
et Jean VITTONE), Les actions armées A son retour des
chantiers de jeunesse, durant l’été 1942, Adrien
MAZZOTTI, passe dans la clandestinité et constitue un groupe
armé de FTP à Nice-St Roch. Au même moment, les
jeunes de Combat sont sollicités afin de constituer un groupe
franc, ainsi que le raconte Jacques PEIRANI : “Bastos
(Jean CHANTON, NDLR) m’a dit : “Vous les jeunes vous
aimez l’action, je vais vous en donner l’occasion, nous
allons créer à Nice des groupes chargés de combattre
et d’effrayer les collaborateurs sans attendre la Libération
; nous allons faire principalement des opérations de dynamitage
mais il faudra agir dans le plus grand secret et ne prendre que les
jeunes les plus décidés et ceux qui parlent le moins
car c’est très dangereux. Tu feras un choix et tu prendras
des volontaires, ceux qui ne le seront pas resteront à la propagande.
J’ai accepté d’enthousiasme car la perspective
de distribuer seulement tracts et journaux sans rien faire d’autre
avant la libération ne nous plaisait guère (...)
La formation technique donnée par Bastos a duré le mois
de juillet et une partie du mois d’août. Nous avons été
favorisés car, pour les lycéens et étudiants,
cette période d’été correspondait à
des vacances scolaires. Nous étions donc opérationnels
à la mi-août et nos actions de plasticage ont commencé.
(...)Devant les débris de verre ou les façades noircies,
le public Au printemps 1943,
se forment à Villefranche, des groupes armés issus des
JC, autour des frères FALISE et de Louis TENERINI. Le débarquement
du 15 août en Provence entraîna le départ pour
le maquis d’autres jeunes (comme les Sospellois Guy BOGLIO-COMITI,
René CONTE et Terence MUSI, âgés de 17 ans, qui
disparurent dans la forêt de Turini le 30 août) ou la
mobilisation par les FFI (comme pour les jeunes de Rigaud Lucien COTTON
et Jules BELLEUDY capturés à St Dalmas de Valdeblore
le 26 août par une unité d’Alpenjaeger). La répression A la suite de
l’exposition du drapeau rouge de la passerelle des abattoirs
et des diffusions de tracts hostiles à PETAIN, une dizaine
de membres des JC furent arrêtés entre le 18 et le 21
novembre 1940 (Jules BOCCHINO, Pierre BONFANTE, Roger BUSCHIASSO,
André CARLINI, Jean GAUBERTI, Raoul JULIEN, André ODRU,
Emile OLIVA, Raoul SILLI. Le tribunal militaire de la 15ème
région condamna, lors de sa séance du 12 février
1941, André CARLINI (18 ans) à 4 ans de prison et 2500
francs d’amende. Cinq jours plus tard le même tribunal
infligea 50 mois à Raoul SILLI, 38 mois à Roger BUSCHIASSO,
3 ans à Jules BOCCHINO et Jean TORRE, 18 mois à André
L’étudiant
Arno FISZBEIN (19 ans), membre du mouvement Combat,
décède à Nice, le 8 août 1942 des suites
de son arrestation musclée et des brutalités subies
au commissariat pour lui faire avouer ses relations au sein de la
Résistance. Les jeunes FTP
antibois Pierre APOLLIN et Joseph GRAFFINO, arrêtés à
la suite de l’exécution du consul fasciste-républicain
local, sont exécutés à Bar sur Loup le 10 juin
1944, au cours du transfert des Azuréens devant être
fusillés en guise de représailles à Saint-Julien
du Verdon. Parmi les onze exécutés de Saint-Julien du
Verdon, le 11 juin 1944, figuraient quatre élèves du
Lycée de garçons (Césaire AUBE, Gilbert CAMPAN,
Roger DEMONCEAUX, Francis GALLO) et Jacques ADAM. Le martyrologe 165 jeunes
Azuréens, soit 28.5% du martyrologe de la Résistance
azuréenne, ont perdu la vie du fait de leur engagement résistant
: 63 morts au combat (comme les Niçois Joseph ARNALDI, René BENSAID, Paul BIEHLER, Roger MACCARIO et Basile ROSSI, le Berlugan Maurice COLONELLI, le Mentonnais André OUMELLEC, les Roquebrunois Charles CRAVI et Honoré VIAL, le Mouginois Marcel SINI, le Collois Louis CHAUVE, les Antibois Auguste ARNAUDO, Jean DEMICHELIS et Georges PAGLIUZZA, le Tourettan Jean BAILET, le Villarois Robert FUNEL, le Sospellois Pierre VEZZARO, le Cannois Francis TONNER, le Vençois Jean-Marie BOURSAC) dont 19 ailleurs que dans les Alpes-Maritimes (comme les Niçois Jean BARBIER dans l’Eure et André DUJARDIN dans le Var, les Antibois Bernard VAUTRIN dans le Jura et Nicolas SIMONCINI dans la province de Cuneo, le Mentonnais Georges FERAUD dans l’Allier, les Niçois Jean BARBERO dans le Var, André SCARELLA dans les Basses-Alpes et Lucien LIGNATO à Belfort, les Cannois André CHAUDE dans le Var, Pierre GRAGIA et Michel JOURDAN dans la Drôme, Jean HADDAD-SIMON à Paris, le Guillaumois François MINCHELLA dans les Basses-Alpes). [haut de page] |
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