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Chapitres :
1.
Les courriers
2. Les « boîtes aux lettres»
3. Impression et diffusion de tracts
4. Ravitaillement et hébergement
5. Le service social
6. Le soutien psychologique
7. Les réseaux
8. La logistique militaire
9. Les responsables
10. La mouvance communiste
11. La répression
Nos
sources :
Bibliographie
GIRARD Joseph, La Résistance dans les Alpes-Maritimes
BURLANDO Max, Le P.C.F et ses militants dans la Résistance
des Alpes-Maritimes
GIROD Robert, Les fusillés de L’Ariane
PANICACCI Jean-Louis ( dir.), La Résistance azuréenne
SENTIS Georges, Le service B des F.T.P dans les Alpes-Maritimes
RENEVEY Georges, Souvenirs sulfureux
PEIRANI Jacques, Mémorial Jeunesse de Combat.
TOREL Denis, Monaco sous les barbelés
DURAND Pierre, Nice libérée
GEORGES-PICOT Grégoire, L’innocence et la ruse
YUNG Aude, Un amour dans la tempête de l’Histoire
: Jacques et Lotka de PREVAUX
SAPIR Michel, Du côté de chez MARX, du côté
de chez FREUD
MORANDAT Yvon, Souvenirs inédits
PEYRON Raymonde, L’Albarea
FUGAIN Pierre, Ici l’ombre
D’ASTIER DE LA VIGERIE, Sept fois sept jours L’activité
du groupe SURCOUF durant l’Occupation
La Vérité Magazine n°5, décembre 1944
: Suzanne FRAPPIER.
Archives
du M.R.A.
témoignages de Paulette FRANCOIS, Christiane MELON,
Simone GEOFFROY, Colette PONS-DREYFUS, Raymonde LEVY, Eva LIPPMANN,
Marie-Rose CUISSARD, Denise et
Maryse REVELAT, Rose CATHALA, Jacqueline LAUTIER, Nicole FRANK-SAINSON,
Rose BOUVET,
Alba DURAND, Eugénie CONSALVI, “Titi” BARUCCHI,
Pierre DOLLA.
Dossier
M.R.A.
n°3, Les débuts du gaullisme
n°8, Jean Moulin dans les Alpes-Maritimes,
n°14, Sous- marins et felouques au large d’Antibes,
n°17, La Liberté descend des montagnes,
n°19, Les étrangers dans
la Résistance azuréenne, n°20, Les réseaux
de Résistance dans les Alpes-Maritimes.
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quoi |
Durant
plusieurs décennies, la participation des femmes à la
Résistance n’a pas été suffisamment mise
en lumière, hormis quelques récits et témoignages
relatifs à des actions précises. Depuis le début
des années 90, l’historiographie s’est davantage
intéressée à l’implication des femmes dans
le soutien à la Résistance.
Notre objectif est donc de reconnaître le rôle qu’elles
ont joué au cours de ces “années noires”.
Un collectif féminin issu du Musée de la Résistance
Azuréenne et de l’A.N.A.C.R. prépare un ouvrage
consacré à la participation des femmes à la Résistance
dans les Alpes-Maritimes et les Basses-Alpes. La Commission historique
du M.R.A. a décidé de publier ce numéro, plus
modeste par la pagination, en le limitant au territoire azuréen
et en ne prétendant pas à l’exhaustivité.
Les courriers et agents de liaison
C’est le plus souvent la tâche principale des femmes engagées
dans la Résistance. Citons Pierrette MEFFRE pour le groupe
Rémy (Franc-Tireur), Michelle BERNARD (La Belette) et Suzanne
RAMBAUD pour Libération, Christiane MELON pour Combat, Micheline
LABOUS pour le réseau Kasanga, Esther POGGIO et Edith URWICZ
pour le réseau Coty, “Riri” FARAUT, Germaine BONFANTE,
Henriette DUBOIS, Denise REVELAT, Jacqueline
LAUTIER, Berthe CAPORALI, Clécilde CALZONI, Gabrielle PINA,
Rose BOUVET, Jacqueline BUSCHIASSO, Rose CATHALA et Alba ASTEGIANI
pour le PCF, les FTP et le F.N.
Aude YUNG évoque
les pérégrinations de sa mère, Lotka
DE PREVAUX (Kalo) : ”Elle convoie des “valises”
à travers la ligne de démarcation, devenant le “courrier”
du chef du réseau F2, faisant de nombreux trajets Nice-Toulon-Marseille-Lyon-Paris”.
Laurent GIAUME, “technique” du P.C.F,
signale que sa femme “assura de nombreuses liaisons à
Nice et hors de Nice, ramassant dans les lieux convenus des documents
importants, les camouflant dans un panier recouvert d’herbe
à lapins”.
Grégoire GEORGES-PICOT décrit l’astuce technique
utilisée par Rose KONOPNICKI (M.O.I) : “Clara
m’avait fabriqué un sac avec un double fond, c’était
très bien fait, elle était maroquinière. Il me
servait pour transporter les rapports et tous les documents secrets”.
Jacqueline LAUTIER décrit une mission effectuée
au début de 1944 entre Marseille et Nice : “J’avais
pour mission de transporter le matériel, rapports et autres
choses. A l’entrée de Nice, la voie ferrée venait
d’être sabotée et le trasbordement se faisait au
pont du Var. Avec ma fausse carte d’identité, je n’en
menais pas large ; tout en avançant vers le barrage de S.S
de chargés de fouiller chaque bagage. La police française
aidait les S.S à contrôler les identités. Tout
essoufflée, je posais la valise par terre et, m’efforçant
de sourire, je demandai à un policier de m’aider à
la porter, ce qu’il accepta galamment. C’est ainsi que
je passais le barrage allemand, ces derniers, convaincu que je vanais
d’être arrêtée, me laissèrent passer
devant eux, dédaignant de me fouiller.” [haut
de page]
Les “boîtes aux lettres”
Marie-Rose CUISSARD et Rose CATHALA
témoignent : “C’étaient souvent des concierges,
des épicières, des petites commerçantes, des
fermières qui, au péril de leur vie, recevaient des
mains du “courrier” l’ordre destiné à
un groupe clandestin, au maquis”.
Eugénie
APROSIO met au service du P.C.F. et du F.N. sa petite blanchisserie
du 62 avenue Georges CLEMENCEAU, attirant rapidement l’attention
de la police qui met fin à l’activité de sa “boîte
aux lettres” le 21 novembre 1941.
Madame
MATAN met à la disposition du F.N. et des F.T.P.,
dont son mari est l’intendant, sa buvette de Cimiez en 1942-1943.
Andrée DOUMEN, gérante de l’Office Provençal,
fait de même à Antibes pour le mouvement Libération.
Quant à Colette JACQUES, directrice de la
galerie de peinture Romanin, elle accueille les émissaires
des M.U.R. et de Jean MOULIN. Esther POGGIO est à Menton l’une
des “boîtes aux lettres” du réseau Coty.
Jacques
PEIRANI indique : “Les réunions de responsables
se tenaient chez Madame GEOFFROY et chez sa fille Simone, dans leur
appartement du 21 rue GUBERNATIS, qui était devenu pour notre
mouvement (Combat, N.D.L.R.) une sorte de quartier général.
D’autres réunions se sont aussi tenues dans l’appartement
de Marguerite FRANCOIS”. [haut de page]
Impression et diffusion de tracts et journaux
Grégoire GEORGES-PICOT évoque l’action menée
par Rose KONOPNICKI ( Renée COLLIN) en faveur
de la Section juive de la M.O.I. : “Je déposais mes
colis de tracts et journaux ( Notre voix, Droit et Liberté,
Fraternité, N.D.L.R.) dans différents endroits à
Nice, à Cannes, au Cannet, parfois sans même rencontrer
personne. Tamara venait parfois à Nice à l’imprimerie.
Elle nous apportait des stencils qu’elle mettait dans un sac
à provisions avec des légumes par dessus et nous disait
en arrivant : “Je vous ai apporté des légumes”.
Avoir avec soi des blocs de papier, de l’encre ou des stencils
- sans parler des tracts ! - c’était dangereux. Qu’est-ce
que je pouvais dire s’il y avait un contrôle ? C’était
suspect. Par chance, on n’ a jamais rien découvert.
Mais, plus d’une fois, j’ai eu peur. Parfois pour rien.
Un jour, j’étais allée chercher de l’encre
dans une papeterie. Le vendeur m’a dit d’attendre. Il
est parti dans l’arrière-boutique pour téléphoner.
“Et si c’était pour me dénoncer “
me suis-je dit, “il faut que je parte, tout de suite”.
Il m’a rattrapée en me disant : “Ne partez pas
! Voilà votre encre, voilà vos berlingots !”.
Titi BARUCCHI raconte : “Enceinte de mon plus
petit, je distribuait des tracts puis, chez moi, je commençais
à taper à la machine à écrire la presse
clandestine. Ma petite maison de la Trinité était entourée
de villas réquisitionnées par des officiers italiens
puis allemands et nous avons souvent tremblé lorsqu’on
sonnait à la porte : il fallait immédiatement mettre
le stencil en sûreté ; je le cachais entre le matelas
et le sommier du lit de ma petite fille et la machine à écrire
dans le panier à linge”.
Georgette
HOUDE (Flora) et Juliette FOSSAT participent,
en 1943-1944, à l’équipe d’impression du
journal Combat dirigée par Jean CONSTANT. Jeannine DESCLAUX,
Christiane MELON, Simone GEOFFROY, Paulette FRANCOIS, Denise SAINSON,
Lyvia SASSI font partie des diffuseurs des journaux de la mouvance
gaulliste (Liberté, Petites Ailes, Vérités, Combat
) en 1941-1942. Simone GEOFFROY témoigne : “ Nous diffusons,
maman et moi, des informations que je tape à la machine. Ces
notes paraissent sous la rubrique “ Petites Ailes”.
Jacques
PEIRANI évoque l’action clandestine des Jeunes
de Combat, notamment l’impression du Franc-Tireur de Nice :
“La ronéo était chez Jacques ADAM, les stencils
étaient tapés par sa soeur Jacqueline ou par sa fiancée
Lyvia SASSI”.
Henriette
DUBOIS tire de nombreux journaux clandestins (L’HUMA,
LE CRI) dans une villa de La Conque.
Sophie
RICCONE et Marie LAMBERTI diffusent notamment
Vive la France, le premier bulletin du F.N., sous l’occupation
italienne. [haut de page]
Ravitaillement et hébergement des clandestins et persécutés.
Marie-Rose CUISSARD et Rose CATHALA
témoignent : “Nous étions en charge de ravitailler
les prisonniers politiques, collecter de l’argent, des vivres...
Tout ce travail devait être fait avec beaucoup de prudence...
et pour faire parvenir les colis à nos prisonniers, nous avions
établis des relais, il fallait avoir un prisonnier pour passer
à la prison. Alors, on centralisait chez
des amis puis, petit à petit, les parents de prisonniers faisaient
parvenir les vivres”.
Rose
BOUVET raconte : “J’avais comme tâche
principale l’approvisionnement en tickets d’alimentation
pour les responsables, apporter des vêtements, des provisions,
des chaussures, des médicaments aux maquisards”.
France
LANGLOIS ravitaille, en juin 1944, les résistants
réfugiés dans le clocher de l’église de
Bendejun.
Suzanne
GEOFFROY témoigne : “Notre appartement sert
d’abri sûr à des résistants tels que le
Colonel THIERRY et Pierre DE BENOUVILLE ”.
La maison de Marguerite FRANCOIS (Maguy) devient
le refuge des traqués, des réfractaires, des Juifs.
A Antibes, Jeannine LEVY et ses deux filles hébergent
fréquemment les agents du S.O.E. et des chefs des M.U.R. (Emmanuel
D’ASTIER DE LA VIGERIE, Yvon MORANDAT, Jean
MOULIN ) de passage sur la Côte d’Azur ou en attente d’embarquement.
Emmanuel D’ASTIER DE LA VIGERIE évoque, en ces termes
peu amènes, son départ le 17 avril 1942 : “La
femme du docteur, si petite et si laide, mais qui contient tant de
bonté, me réveille à deux heures du matin : “Vous
partez : ils sont ici”.
Yvon MORANDAT
rend ainsi hommage à la femme du docteur
LEVY : “Sa femme, que nous surnommions “le chat”,
et ses deux filles l’aidaient dans ses multiples activités
clandestines”.
Mesdames LAURON et CAYLIOT hébergent
dans leur magasin Daniel MENTHA, chef régional de Franc-Tireur.
Denise
SAINSON (Dalila) recueille chez elle les aviateurs anglo-saxons
évadés du fort de la Revère en août 1942,
puis divers aviateurs alliés cherchant à regagner l’Afrique
du Nord par l’Espagne en 1943, soit une cinquantaine de personnes.
Quatre Américains restèrent chez elle près
de six mois. Sa fille Nicole FRANK se rappelle : “ De nombreux
problèmes se posaient pour nourrir ces aviateurs. C’est
pourquoi ma mère, qui connaissait des épiciers, disait
qu’elle avait besoin de nourriture pour certaines personnes.
On leur a acheté des vêtements civils et des problèmes
de tailles se sont posés. Ils sont sortis au bout d’un
certain temps car ils ne supportaient plus d’être enfermés
et ont été jusqu’au Palais de la Méditerranée”.
Mathilde
DEL PRATO héberge, de juillet à septembre 1943,
Jacques PEIRANI et Jacques ADAM, activement recherchés par
les autorités italiennes.
Pierre
DURAND évoque ainsi l’action de sa future femme
: “Alba ASTEGIANI met son appartement de la rue VERNIER
à la disposition de beaucoup de résistants qui arrivent
le soir et repartent le matin pour prendre le train Gare du Sud qui
les amènera rejoindre le maquis. Certains illégaux y
viennent aussi pour se rencontrer dont “Liban”, commandant
militaire des F.T.P.”
Madame
DENES cache chez elle, en mai-juin 1944, le commandant “Michel”
après la découverte du dépôt d’armes
de Borghéas. Il en est de même pour France MASSIERA
qui cache son chef Emilie après son évasion
de l’hôpital Pasteur en juillet 1944. Georgette
ROSA, femme du lieutenant Marneau (C.F.L.N.) et gérante
du buffet de la gare de Breil sur Roya, ravitaille les persécutés
et cache dans sa cave le lieutenant aviateur américain Earl
RODENBURG, qui a sauté en parachute le 26 mai 1944 dans le
vallon de la Maglia, avant qu’il ne soit pris en charge par
les cheminots résistants qui le convoieront sur Nice.
Raymonde
PEYRON, institutrice à Auvare, accueille le capitaine
François, blessé et exténué après
l’épisode dramatique du 3 mai 1944 à Puget-Théniers,
le ravitaille, le change, lui permet de se laver et de se raser, le
soigne à la poitrine avant de le diriger sur un médecin
résidant au hameau de Léouvé. Des femmes se mettent
en valeur dans la protection des Juifs persécutés sous
l’occupation allemande, notamment à Clans, la receveuse
des Postes, Edwige ISOART et, à Saint-Léger,
la cafetière Zoé DAVID, toutes deux
récompensées par l’attribution de la Médaille
des Justes. [haut de page]
Le service social
Christiane MELON évoque les débuts
informels du service social de la mouvance gaulliste : “Lors
des arrestations de 1941-1942, s’est créé un embryon
de service social, les familles ne touchant plus de salaire, Marguerite
FRANCOIS, d’abord avec ses économies, puis aidée
financièrement par Raoul ATTALI, a pu les secourir”.
Maguy organise
des collectes pour venir en aide à la trentaine de familles
concernées par l’arrestation du groupe La France Libre
animé par son mari Arthur. Par la suite, le service social
prend forme avec la Cannoise Denise MANTOUX (Dorine), promue à
l’échelle régionale en 1943, puis à l’échelle
nationale en 1944, relayée par la Niçoise d’adoption
Suzanne FRAPPIER
(Simone), professeur au Collège SEGURANE, secondée par
Marguerite et Paulette FRANCOIS, France LANGLOIS, Mademoiselle CASANOVA
et Madame BLANCHARD. La Vérité Magazine décrit
ainsi l’action de Simone : “ Dès
qu’une arrestation de résistant lui est signalée,
elle se dépêche de visiter sa famille, de la réconforter.
Si la gêne est au logis, elle vient apporter à domicile,
chaque mois, une allocation régulière. (Elle est l’amie
de tous et leur accueil affectueux la récompense mille fois
de tant d’escaliers montés, de tant de kilomètres
parcourus sur sa vieille bicyclette). Chaque semaine, elle porte à
la prison des colis pour les
détenus sans famille. Grâce à des complicités
au Ravitaillement Général, à la générosité
de certains commerçants et au marché noir aussi, elle
peut leur faire parvenir : pâtes, confiture, sucre, pain d’épices,
et surtout du pain”.
A Antibes, la femme du colonel VAUTRIN regroupe autour d’elle,
au printemps 1944, mesdames LIAUTAUD, ARMANET, HIDOT, HARCOURT, RAMBAUD,
afin de venir en aide aux familles des internés et déportés.
La brochure L’activité du groupe SURCOUF évoque
l’action humanitaire de France LANGLOIS qui
“va de porte en porte, laissant partout une de ces bonnes
paroles qui réconfortent avec un secours matériel, car
elle était devenue assistante sociale dans la Résistance.
Combien de fois nous l’avons surprise en train de faire des
colis, les chargeant sur son dos et se dirigeant vers les prisons
où se trouvaient “les nôtres”. “
Croix-Rouge” disait-elle toute souriante, car on commençait
à la connaître”, de Madame DENES (ALZIARI) qui
“se consacre par tous ses moyens à l’aide des
familles des déportés et tous ceux qui étaient
pourchassés par la Gestapo, auxquels les portes de sa maison
étaient toujours grandes ouvertes” et de son chef
Aimée JOTTE-LATOUCHE (Emilie) qui “a vendu ses biens
pour venir en aide aux familles des déportés et internés
et pour ravitailler ceux qui étaient traqués”.
Quand fut créé, à Cannes, le Centre d’Entraide
des prisonniers de guerre, Hélène VAGLIANO
y entra comme employée bénévole. Aux côtés
des prisonniers libérés, qui oeuvraient pour leurs camarades
demeurés dans les camps en Allemagne, elle prit en mains le
service d’aide aux familles restées sans soutien et des
enfants dont le père était toujours captif. Sous son
impulsion, cette branche du Centre d’Entraide fut très
active, ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention des
services répressifs. [haut de page]
Le soutien psychologique
L’Historique de la Libération d’Antibes évoque
ainsi cet aspect non négligeable : “Beaucoup de femmes
partageaient les convictions des hommes de leur famille. Sans être
officiellement membres d’une sizaine, elles les aidaient, les
encourageaient, les soutenaient dans leur besogne. Connaissant leur
action, elles partageaient leur espoir, aussi bien que leurs déceptions.
A elles les angoisses, les tourments d’un retard inexplicable
de l’aimé. A elles la plus grosse part des privations
et des soucis du ravitaillement quand il s’agissait d’héberger
des clandestins ou des réfugiés”.
A Puget-Théniers, l’artiste américaine
Isabel PELL, placée en résidence surveillée
par les autorités italiennes, y devient l’égérie
de la Résistance locale en juillet 1943, catalysant les énergies
locales avant l’arrivée du capitaine François.
Quant à Suzanne FRAPPIER, elle éprouve
un malin plaisir à commenter pour ses élèves
du Collège SEGURANE les leçons de l’Histoire nationale
dans un sens peu vichyste. L’institutrice italienne Marcella
MIGLIORINI, responsable du parti d’Action et du mouvement
Giustizia e Libertà au sein du Comité italien de Libération,
prend en charge le commandant de la brigade ROSSELLI, Nuto REVELLI,
gravement blessé à Belvédère le 24 septembre
1944, finance son hospitalisation dans une clinique parisienne spécialisée
dans la chirurgie faciale et lui rend visite, à plusieurs reprises,
pour lui remonter le moral. [haut de page]
Les réseaux
Les femmes sont mieux représentées dans les réseaux
que dans les mouvements.
On peut citer,
parmi les agents permanents (P1 et P2) Josette ORSETTI
(SRMLN) qui photographie les blockhaus de la Promenade des Anglais
avec un appareil miniaturisé incrusté dans un pendentif,
Renée FERRI et Denise SAINSON (Pat O’LEARY) qui transfèrent
les aviateurs alliés vers l’Espagne, Paule LEY, Esther
POGGIO (La Marquise), Simone MOURET, Jacqueline SAPIR, Marie-Claire
RAFAELLI, Silène FALETTI et Paulette LOTTIER (Reims-Coty),
Germaine MALEPART, Paulette FRANCOIS et Micheline LABOUS (Kasanga-Gallia)
qui repèrent et
décrivent des nids de DCA, des dépôts de munitions,
des déplacements de troupes allemandes, Sonia HAASZ et Aimée
JOTTE-LATOUCHE (Marco Polo), Albertine HENRY (Julitte), Marguerite
WALDMANN (Rossi), Lotka DE PREVAUX, Ruth RESCHONSKI, Odette BERAUD,
Marie-Christine SAPIEHA (F2) qui opèrent un travail considérable
d’identification de l’ordre de bataille ennemi sur la
côte méditerranéenne.
Le réseau Tartane est celui où la représentation
féminine est la plus élevée (16%) avec 13 agents
permanents sur 80. Marie-Louise PAICHE (Service B des FTP) espionne
la Commission allemande d’armistice à l’Hôtel
Negresco, ainsi qu’elle l’a raconté à Max
BURLANDO : “J’étais employée à
l’étage des
nazis. J’ai vu tout de suite le parti que je pouvais en tirer
; ils avaient la liaison directe avec Berlin grâce à
une ligne installée le jour de Pâques ; ils recevaient
beaucoup de lettres et de visites, la plupart pour des dénonciations
de patriotes.J’ai décidé que j’essaierai
de “piquer” le plus possible de renseignements . Je me
méfiai des allemands mais aussi du directeur qui n’ignorait
pas mes opinions et se doutait de mon activité. A mon grand
étonnement il aborda le sujet de façon directe : “Si
au lieu de travailler chacun de notre côté nous unissions
nos efforts ? Après nous avertirons vous vos amis et moi les
miens.” Il était en rapport avec l’Intelligence
Service.
Nous avons unis nos efforts, moi faisait le guet, lui photographiant
les documents. Comme je n’avais pas d’appareil , je recopiais
les papiers, dans la salle de bain,sous la protection vigilante d’un
collègue gaulliste. Je fouillais aussi les corbeilles et, le
soir, à la maison, je jouais au puzzle avec mon mari. Ce travail
s’est poursuivi durant tout le séjour des Allemands,
qui ne se sont jamais doutés de rien. Mieux, à leur
départ, le capitaine FRITSCH m’a proposé de les
suivre pour continuer mon service auprès d’eux.”
[haut de page]
La logistique militaire
Suzanne GEOFFROY témoigne : “En
juin 1942, après l’organisation des Groupes Francs de
Combat, mon activité consiste à envoyer des explosifs
(plastic et plaquettes incendiaires), qui sont déposés
périodiquement dans les salles de cinéma où passent
des films pro-allemands, des bureaux de propagande de Vichy”.
Christiane MELON évoque le soutien aux réfractaires
du STO s’engageant dans les maquis et exploitant une filière
entre les Alpes-Maritimes et la Corrèze : “A tous
ces jeunes, nous devions fournir les cartes d’alimentation et
d’identité”.
Marguerite et Paulette FRANCOIS ravitaillent les maquis tout
en cachant des armes et des munitions et en participant au déménagement
de dépôts.
Titi BARUCCHI indique : “Nous établissions des contacts
permanents avec les maquis de Drap”.
Denise REVELAT évoque la journée critique
du 7 juillet 1944 : “Nous collections pour faire une pharmacie
clandestine destinée à soigner les copains. Nous avons
dû éviter plusieurs barrages allemands pour passer nos
filets pleins de médicaments et de pansements, qu’il
fallait transporter à L’Ariane et à La Trinité”
France LANGLOIS (Mademoiselle HEURTEL) participe, en 1944,
à la réception des parachutages dans la vallée
du Paillon, ainsi qu’au transport et au montage des armes réceptionnées
par le groupe Surcouf. Plusieurs femmes se retrouvent dans le mouvement
dirigé par Emilie : sa soeur France LANGLOIS, Madame CAVENAGO
(Poucette), Madame DENES, Lise BUFFARD, France MASSIERA, Mireille
GUYON, Madame RAYMONDE, Ginette CHAUVIN.
La police italienne
saisit, à Nice, chez Madame ANDRIEUX, en mai
1943, 15 armes à feu, 500 cartouches, 25 bâtons de dynamite,
14 détonateurs, 7 crayons à retardement, 25 mètres
de cordons Bickford, destinés aux Groupes francs des MUR.
Hélène VAGLIANO (Veilleuse) circule,
deux fois par semaine, dans les environs de Cannes, un petit poste
émetteur dissimulé dans un panier fixé à
sa bicyclette, “pianotant” en direction d’Alger.
Elle contribue également à faire passer en Espagne des
prisonniers alliés et des volontaires pour les FFL.
S’il n’y a pas de femmes combattant dans les maquis, Eva,
la fille de Jean LIPPMANN, fait fonction d’infirmière
au maquis du Lavercq puis dans la Compagnie Lorrain. Elle témoigne
ainsi :
“Au début de juillet 1944, je suis au P.C. de Ratery,
où je monte la garde à mon tour. Dans la nuit du 5 au
6, je vais assister au parachutage au col des Champs. C’est
impressionnant. Nous avons un grand besoin d’armes, qui seront
distribuées aux camarades des vallées du Verdon et du
Var (...)
A la mi-août, je suis à Beuil, où je participe
à la réception du parachutage du 12 août. Je suis
affectée comme infirmière à l’ambulance
chirurgicale mobile n°3, qui s’installera plus tard au Chaudan”.
Liselotte STEINBERG (GFR) contribue à faire déserter
plusieurs soldats polonais de la Wehrmacht à Nice en juin-juillet
1944.
Raymonde PEYRON met au point un système de signalisation
destiné aux maquisards descendant au village d’Auvare
: deux draps blancs sur le balcon = tout va bien, un seul drap = arrêtez-vous,
aucun drap = ne vous montrez pas.
Michel SAPIR,
chef des milices patriotiques, évoque deux épisodes
de la période insurrectionnelle où des femmes se sont
mises en valeur : “Le 15 août 1944, Tourrettes sur
Loup est encerclé par la Feldgendarmerie, Madame ROUBAUD accepte
de cacher ma serviette contenant tous les documents de l’insurrection...je
suis arrêté peu après et conduit à Nice”;
“Le 28 août, à la Préfecture, la “Fujpette”
(Gabrielle ROUX, N.D.L.R.) eut une idée de génie, tentant
un coup de dé : téléphoner à la Kommandantur
pour annoncer : “Nous venons de faire prisonnier votre général,
au moment où il était en train de quitter Nice. Si vous
essayez de détruire la ville, nous le fusillerons”. [haut
de page]
Les responsables
Quelques femmes ont occupé des postes de responsabilité
au sein de mouvements dirigés par des hommes.
Il s’agit
de Denise MANTOUX et de Suzanne FRAPPIER
pour le Service social des MUR-MLN, de l’avocate parisienne
Denise DELMON fondatrice du Comité des Intellectuels,
au sein du FN à l’été 42, de la jeune étudiante
marseillaise Gabrielle ROUX, responsable des Forces
Unies de la Jeunesse Patriotique de juin à octobre 1944. Michel
SAPIR évoque volontiers cette jeune fille : “Nous
avions tôt fait de la surnommer la Fujpette. C’était
une Marseillaise de seize ans, pleine de sève et armée
d’un culot monstre, qui avait quitté sa ville parce qu’elle
y était recherchée par la Gestapo...Elle allait jouer
un rôle déterminant dans le rassemblement des jeunes
comme dans la Libération de Nice”.
Quant aux Femmes de France, émanation du FN, elles sont dirigées
par l’assistante sociale Edith BERGONDI.
Marguerite FRANCOIS fait fonction, en 1942-1943,
de chef-adjoint de l’Armée Secrète de Combat,
puis des M.U.R.
Seule, Aimée JOTTE-LATOUCHE (Emilie) fonde
en 1941 puis dirige un groupe politico- militaire affilié à
l’ORA, le groupe Surcouf, tout en étant le numéro
deux du réseau Marco Polo, dont elle assure la direction après
l’arrestation de Fernand CAMBROUSSE en avril 1944.
L’activité du Groupe SURCOUF la décrit
en ces termes : “Emilie occupe une place de choix parmi
les femmes à jamais célèbres (...) Sous ce nom
de guerre se cachait en réalité Mme JOTTE- LATOUCHE,
la veuve d’un officier français. Ce n’est pas un
hasard qui l’incita à baptiser son groupe SURCOUF car
le commandant du sous-marin Surcouf, passé à la “dissidence”,
était son
cousin mais encore parce que le fameux corsaire de Saint-Malo symbolise
: la lutte “malgré tout”.(...) Le 14 juillet 1943,
elle entonna “La Marseillaise” sur l’Avenue de la
Victoire, ce qui lui valut d’être arrêtée
et conduite rue GIOFFREDO”.
Si aucune femme n’est appelée à siéger
dans le premier Comité Départemental de Libération
clandestin (février-juin 1944), trois siègent dans le
second comité clandestin (juillet-août 1944) puis dans
la première version du Comité Départemental de
Libération légal (Edith BERGONDI pour les Femmes de
France, Denise DELMON pour les Intellectuels, Gabrielle ROUX pour
les Forces Unies des Jeunesses Patriotiques), alors que Alba ASTEGIANI
(Union des Femmes Françaises) et Daria TOMASINI (Comité
Chrétien d’Action Combattante) y siègeront après
l’élargissement intervenu en janvier 1945. [haut
de page]
La mouvance communiste
Elle est la seule à avoir une pratique résistante spécifique
aux femmes, avec l’animation des comités populaires féminins
et l’organisation des Femmes de France (U.F.F. à partir
de 1944), liés au Front National de Lutte pour l’Indépendance
de la France.
Des manifestations de ménagères sont suscitées
par des militantes à La Colle sur Loup (3 mars 1941), Cannes
(6 octobre 1941 et 23 janvier 1942), Cap d’Ail (11 octobre 1941
et 16 juillet 1942), Beausoleil (13 juillet 1942), Nice (8 et 9 avril
1943), Puget-Théniers (19 mai 1943).
Un tract distribué en août 1941 incite les femmes à
revendiquer des rations supplémentaires : “Les restrictions
se font de plus en plus dures. Pendant des heures, vous faites la
queue devant les magasins à moitié vides et sur les
marchés que l’incapacité des hommes de Vichy -
de M. ACHARD en particulier - ne permet pas de ravitailler. Le peu
de marchandises que vous trouvez est hors de prix. L’angoisse
vous étreint car vous ne pouvez pas donner à manger
à vos compagnons et à vos enfants que guette la maladie
(...) CREEZ VOS COMITES FEMININS POPULAIRES !
Allez-en masse dans les mairies et les préfectures réclamer
du pain, de la viande, du lait. Si les maires, les préfets,
les hommes de Vichy ne peuvent pas nourrir les Français, qu’ils
s’en aillent ! ” (A.D.A.M., 166W5).
Denise REVELAT témoigne : “Nos maris
étant prisonniers de guerre, nos seules ressources étaient
de 450 francs par mois, aussi avons nous demandé des denrées
pour effectuer des colis. C’est pour cela que nous faisions
les premières pétitions, les premières manifestations
(...) Nous demandons l’augmentation des rations de matières
grasses et de pain. A L’Ariane et à La Trinité,
nous récoltons 102 signatures que nous adressons à la
Préfecture.”
Un autre tract, diffusé le 29 octobre 1942, invite les femmes
à envahir “les mairies et la Préfecture, les
hôtels et restaurants de luxe où se gobergent les Boches
et les mercenaires Kollaborateurs” et à chasser “
les affameurs de notre pays et les traîtres de Vichy qui les
servent” (A.D.A.M., 166W5).
Germaine IMBERT (Sophie, Danielle), au printemps
1943, prend en mains les destinées de la J.C et fait diffuser
largement un tract contre le S.T.O.
Eugénie CONSALVI évoque ainsi la principale
manifestation niçoise : “La disette est telle en
avril 1943 qu’il n’y a sur le marché que quelques
salades. Mais les femmes virent un boulanger apporter des croissants
au Préfet ! Alors, le 9 avril, venant en groupe de tous les
quartiers de la ville, poussant des voitures d’enfants, les
femmes manifestent, se rejoignant devant la Préfecture. Elles
sont des milliers, crient : “Du pain, du pain....” Cette
manifestation a été préparée de bouche
à oreille. On chantait “La Marseillaise”. La manifestation
se renouvelle plusieurs jours durant et nous tenons tête aux
forces de police qui nous avaient envoyé les GMR à cheval.
Nous crions au Préfet : “ Démission, nous voulons
du pain et du lait pour nos enfants !”
Un tract, diffusé
le 9 novembre 1942, incite les femmes à manifester à
l’occasion de la cérémonie du 11 novembre : “FEMMES
ALERTE ! Vos foyers courent un immense danger ! Les bandits hitlériens
qui torturent depuis plus de deux ans nos 1.500.000 prisonniers dans
leurs bagnes, veulent des milliers et des milliers d’autres
esclaves. Les négriers tenteront de vous prendre vos fils,
vos maris, vos frères, vos fiancés. Battez-vous comme
des lionnes pour les empêcher de partir. Ne les laissez pas
courir à la
mort dans les usines-tombeaux du Reich. Vous ne les reverriez plus
! A la première tentative de vous les arracher, soulevez le
quartier, ameutez tout le monde, chassez les agents hitlériens
!
MANIFESTEZ TOUTES LE 11 NOVEMBRE !
- contre les déportations en Allemagne.
- pour 50% d’augmentation des salaires et un meilleur ravitaillement.
- pour la libération de nos 1.500.000 prisonniers d’Allemagne
et de nos 200.000 patriotes embastillés par les traîtres.
- contre les Boches et les traîtres de Vichy.
- Pour une France libre et indépendante.” (A.D.A.M.,
166W7).
Denise REVELAT évoque la semaine du 14 juillet
1944 : “Nous préparions la
commémoration du 14 juillet. Naturellement, le drapeau français
était banni, les réunions interdites, encore plus les
manifestations patriotiques. Les femmes décidèrent d’appeler
la population à fêter malgré tout le 14 juillet.
Nous avons tiré des tracts sur lesquels nous avions tracé
les trois couleurs du drapeau français. Nous avons confectionné
des cocardes tricolores
pour tout le secteur. Mais à 11 heures, sur la place de La
Trinité, la population était absente, les GMR à
cheval l’avaient remplacée. Avec ma soeur Titi, nous
avions habillé nos petites filles en tricolore, mais nous ne
pûmes approcher du Monument aux Morts...et c’est ma pauvre
mère, déjà très âgée, qui
sous la garde des nazis, toute seule, déposa la gerbe bleu,
blanc, rouge, que nous avions confectionnée à cette
occasion.”
Le bulletin n°9 de l’Union des Femmes Françaises,
daté de juillet 1944, donne des consignes mobilisatrices :
“L’heure de la Libération approche, il faut
redoubler d’efforts, faire plus encore pour réaliser
l’union de toutes les femmes de notre pays et passer plus encore
résolument à l’action (...)
Nos militantes comprendront où est leur devoir : HARCELER l’ennemi,
ne pas attendre comme trop souvent on l’entend dire, nous n’avons
pas d’armes, nous ne pouvons rien faire. Même sans armes,
nous les femmes nous pouvons faire beaucoup. Par tous les moyens,
EXIGER du ravitaillement, NE PLUS TRAVAILLER pour les boches, FAIRE
surgir de toutes parts des
manifestations patriotiques, DESIGNER les traîtres à
exécuter, être actives dans les milices patriotiques.
Les Français ont pour tâche de tuer le plus possible
de boches, nous pouvons nous aussi les aider. De tous les maquis nous
parviennent des nouvelles dignes des traditions de notre pays. La
terre de France doit brûler sous les bottes allemandes. Alors
seulement nous aurons accompli notre devoir patriotique.
AU TRAVAIL, CHERES AMIES, la Libération sera rapide si nous
y contribuons de toutes nos forces. Les femmes de France ont toujours
joué un rôle de premier plan aux heures décisives
(...)
Nous sommes à une heure décisive de notre histoire
où toute victoire dépendra de notre vaillance et de
notre ardeur. Nous avons une occasion unique de faire des Femmes de
France, des femmes libres. Nous ne faillirons pas à cette tâche.
L’UNION DES FEMMES FRANCAISES sera le levier puissant qui aidera
à abattre un ennemi exécré et à redonner
à notre pays et à nos foyers le bien-être et la
Paix dans la Liberté et l’Indépendance.”
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La répression
Si Hélène BATAULT (Combat) et Madeleine MILON-FARAUT
(PCF) ont été éloignées du département
par mesure préfectorale, d’autres femmes ont été
internées à Nice, à Sospel ou à Marseille
(Paulette FRANCOIS, Suzanne et Simone GEOFFROY, Christiane MELON,
Henriette BARDI DE FORTOU, France LANGLOIS, Josée COSTA, Aimée
JOTTE-LATOUCHE, Ginette
CHAUVIN).
Christiane MELON a été condamnée,
le 13 mai 1942, par le tribunal militaire de la XV° Région
à six mois de prison pour atteinte à la sûreté
extérieure de l’Etat, tandis que Eugénie APROSIO
avait écopé de 5 ans de prison le 16 janvier.
Simone GEOFFROY témoigne : “Arrêtée
le 23 octobre 1941 par la police du deuxième arrondissement,
je suis internée jusqu’en décembre 1941 aux Nouvelles
Prisons de Nice et transportée aux Présentines à
Marseille ; mise en liberté provisoire le 20 février
1942, je serai jugée le 26 mai par le tribunal militaire permanent
de la 15° Région pour “atteinte à la sûreté
extérieure de l’Etat”. N’ayant rien avoué,
je fus acquittée”.
Christiane MELON raconte : “Arrêtée
le 26 octobre 1941, je suis emprisonnée à Nice puis
transférée à Marseille à la prison des
Présentines. En février 1942, on m’accorde la
liberté provisoire et en mai 1942, je suis traduite devant
le tribunal militaire au fort Saint-Nicolas à Marseille. Je
suis condamnée à 6 mois de prison avec sursis pour atteinte
à la sécurité extérieure de l’Etat”.
Pierre DOLLA témoigne sur le procès du 16 janvier 1942
où il fut condamné en compagnie d’Eugénie
APROSIO : “Au cours de la dernière audience
du procès, alors que le verdict était rendu, j’ai
pu une dernière fois embrasser Nini, malgré nos gardiens
qui tiraient sur nos chaînes. Ses paroles sont présentes
à ma mémoire : “Toi qui es le plus jeune d’entre
nous, tu reprendras le combat. Tu nous vengeras. Il ne faut pas laisser
ces crimes et ces trahisons impunis. Tu diras comment nous avons été
jugés et par qui”.
On peut lire dans la brochure Les Alpes-Maritimes dans la Résistance
:
“Hélène VAGLIANO fut amenée
à Grasse le 31 juillet. Les nouveaux juges avertis de la fermeté
de la jeune fille, employèrent les moyens les plus
violents pour essayer de la faire parler. Ses tortionnaires la brûlèrent
avec un fer rouge sur tout le corps mais elle ne parlait toujours
pas. (...)
Ses parents avaient été arrêtés le même
jour qu’elle dans leur villa à Cannes. C’est par
un raffinement de cruauté que cette mesure avait été
prise par les Allemands afin de torturer Hélène moralement.
Ils espéraient ainsi qu’en les maltraitant devant elle
les bourreaux arriveraient à la faire parler.
Malgré son amour pour ses parents, Hélène restait
inflexible car elle savait qu’elle ne pouvait pas trahir les
camarades de la Résistance qui se battaient dans les montagnes
et qui devaient faciliter le débarquement des Alliés”.
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