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|
quoi |
à
travers deux récits :
- le journaliste Roger MONTEUX : Dans
le cadre de l'intégration des "Forces Françaises
de l'Intérieur" dans l'Armée française débarquée
en août 1944, le commandant F.F.I. des A.M. avait créé,
à l'automne 1944, un bataillon où étaient rassemblés
les combattants étrangers des F.F.I. du Sud-Est : le bataillon
21/XV.
-
l'ambulancière Suzanne BALZAN: En
août 1944, Suzanne BALZAN, ambulancière conductrice,
est affectée par la Croix-Rouge au service sanitaire de Menton,
occupée par les Allemands. Elle assiste à l'arrivée
des troupes allemandes chassées de Nice.
- Le récit
de Roger Monteux -
Dans
le cadre de l’intégration des « Forces Françaises
de l’Intérieur » dans l’Armée française
débarquée en août 1944, le commandant F.F.I. des
A.M avait créé, à l’automne 1944, un bataillon
où étaient rassemblés les combattants étrangers
des F.F.I. du Sud-Est : le bataillon 21/XV.
Ce bataillon tint d’abord, au début de l’hiver,
le secteur de Menton, puis il fut déplacé dans la Tinée,
où il participa à l’assaut final du mois d’avril,
se terminant par le passage en Italie.
Voici comment, en 1945, le journaliste Roger Monteux a décrit,
avec des accents lyriques, les combats de ces volontaires étrangers
sur les crêtes du Mercantour.
La libération de Nice accomplie, les volontaires qui, sans
distinction de nationalités avaient, avec élan, rejoint
ceux qui luttaient déjà pour la liberté, affluèrent
dans les bureaux de recrutement, si bien que l’Etat-major F.F.I
des Alpes-Maritimes décida la création de bataillons
composés d’engagés volontaires, sous le commandement
de chefs ayant déjà fait leurs preuves à la guerre
comme dans la clandestinité.
La tâche étaient ardue, car nulle armée organisée
n’existait encore sur ce territoire récemment libéré.
Comme bien des étrangers se trouvaient parmi ces volontaires,
l’Etat-Major F.F.I, composé du colonel Sapin (Lécuyer),
du commandant Malherbe (Gauthier), du commandant Job (Jamme) et du
capitaine André 5cavenago) jugea judicieux de grouper les étrangers
dans une seule unité.
C’est ainsi qu’il fut décidé de créer
à Nice un bataillon de volontaires étrangers, dont le
commandement revient au commandant Michel . Ce dernier, officier d’origine
hongroise après avoir combattu dans la clandestinité,
secondé par le capitaine Claude, et le sous-lieutenant Goldberg,
allait mettre sur pied le fameux bataillon 21/XV.
Plusieurs groupes de partisans italiens, venus pour la plupart de
leur pays, et dont le tri fut confié au Comité de Libération
italien et au chef M.O.I. Dino, furent incorporés. Ils formèrent
le 3° compagnie de bataillon.
Les combattant M.O.I qui avaient déjà un nombre considérables
d’actions à leur compte, vinrent s’ajouter, d’autres
rejoignant des unités F.T.P.
Lorsque, quelques semaines plus tard, les bataillons issus des F.F.I
furent amalgamés dans l’armée, le bataillon devenait
le 21° Bataillon de la XV° Région militaire (Bataillon
21/XV). Dans les trois compagnies constituées, on dénombrait
20 officiers, dont un officier supérieur, 61 sous-officiers
et 380 hommes.
A l’effectif du Bataillon furent adjoints : Une compagnie du
Train – Un groupement d’artillerie – Un groupe muletier.
Qui
était le « Commandant Michel » ?
Le commandement
F.F.I des A-M, désigna, pour commander le bataillon 21/XV,
un combattant étranger du maquis. Miklos ZOLDELHYI, d’origine
hongroise, avait été officier dans l’armée
de son pays. Lors de l’insurrection franquiste en Espagne, il
s’engagea pour la défense de la République espagnole
dans les Brigades Internationales où il fut officier supérieur.
Réfugié en France en 1939, il y organisa, sous l’occupation
allemande, des groupes de résistants étrangers. En février
1944, il passait au maquis. Le commandement F.F.I des Alpes-Maritimes
avait trouvé en lui l’homme qualifié pour créer
et commander le bataillon de volontaires étrangers.
A la mi-septembre
1944, les hommes montaient en ligne avec leurs vêtements et
chaussures civils, et une couverture personnelle, état de chose
qui dura près d’un mois. L’intendance régionale
de Marseille fit parvenir certains équipements, mais les chaussures
firent défaut, et cela fut tragique au point culminant de la
campagne, lors des rudes mois d’hiver, où, lors des gardes
et des patrouilles en montagne, les chaussures étaient dans
un état lamentable, et où ceux qui redescendaient à
l’arrière devaient prêter leur brodequins aux camarades
qui montaient aux premiers échelons.
Grâce aux
efforts constants du sous-lieutenant Goldberg et des hommes de sa
section, les combattants mangèrent à leur faim. Enfin
le lieutenant-médecin Stoléar, en tant que médecin-chef
du Bataillon, monta une infirmerie modèle et put effectuer
les interventions de première urgence.
Dans l’ensemble,
le personnel sanitaire fut admirable, depuis le médecin-chef
jusqu’aux ambulancières de la Croix-Rouge, sans oublier
le caporal infirmier Gallo, l’adjudant médecin Lino Cerutti,
payant de sa vie à Auron, le 26 février, au moment où
il venait soigner des blessés dans un poste de secours avancé.
En janvier 1945
arrivèrent trois renforts. Le premier, vers Noël, était
exclusivement composé de partisans italiens ayant réussi
à franchir les lignes ennemies. Le deuxième comprenait
des hommes venant de Marseille et de Tarascon. Le troisième,
en mars 1945, suivait l’ordre du Commandement spécifiant
que tout étranger en service dans un unité de la XV°
Région militaire devait être incorporé au Bataillon
21/XV.
A l’effectif
du Bataillon 21/XV, on comptait des ressortissants de 23 nations différentes.
Au moment de leur engagement, il leur avait été demandé
la volonté de se battre, et de n’avoir jamais collaboré
avec l’ennemi.
Le front des Alpes était garni de bataillons hâtivement
recrutés et immédiatement envoyés en ligne. Ainsi,
parfois de jeunes recrues apprenaient le matin à se servir
pour la première fois d’une arme pour monter le soir
la garde. Heureusement, parmi ces hommes certains avaient fait la
guerre d’Espagne, le maquis ou la Légion étrangère.
On peut imaginer
quelles difficultés représentait l’entraînement
d’un groupe composé d’artilleurs espagnols, de
marins italiens et d’anciens légionnaires encadrant des
jeunes gens sans instruction militaire.
Le bataillon
fut d’abord mis en ligne au bord de la mer, entre Cap d’Ail
et Menton. Le 25 février 1945, le 21/XV en entier, sous les
ordre du commandant Michel, prenait en camions, depuis Menton, le
chemin de la Haute-Tiné où le PC du bataillon et la
Compagnie de commandement allaient s’établir. Le 21/XV
formait, avec le 24/XV, un groupe de bataillons placé sous
le commandement du capitaine de vaisseau Guieu.
Dirigés
sur Isola et St Sauveur, ils eurent pour mission de garder la route
de St Etienne de Tinée ouverte, et de garder les accès
à la rivière, menacés par l’ennemi. Ce
fut une dure époque, pour ces hommes manquant de tout et au
contact des premiers froids. Malgré quelques bombardements,
l’ennemi ne réussit pas à s’infiltrer dans
la vallée de la Tinée.
La 1° compagnie
s’installait au Pont-Haut , et sa première section au
Pra et à Vens. Aux avant-postes de Boussiéyas, du Camp
et du col des fourches, s’étaient postées les
2° et 3° compagnies. La 4° compagnie prenait place au
Bourguet, la compagnie de mitrailleuses et d’engins à
Saint-Etienne de Tinée et au Tolondet, la compagnie d’éclaireurs-skieurs
au Village de S-Dalmas le Selvage
La
mission et les combats
Les missions du
bataillons étaient d’interdire l’accès de
la Haute-Tinée et de défendre les centres de résistance
du col des Fourches, de St Etienne et du Bourguet, de patrouiller
dans la Région et de harceler l’ennemi qui, dans ce secteur,
s’étaient assuré de puissantes positions , surtout
au point de vue de l’observation. L’arrivée du
21/XV déclencha un formidable bombardement. Les patrouilles
du bataillon purent néanmoins rapporter de précieux
renseignements et faire de nombreux prisonniers.
Le 25 mars, le
commandant Michel était avisé que son unité,
ainsi que toutes celles stationnées dans la région étaient
placée sous le commandement tactique de la 1° Division
Française Libre, commandée par le général
de brigade Garbay. Il recevait l’ordre d’attaquer de face
et de tenter de prendre d’assaut les positions ennemies de Colla
Longa.
A l’heure
décisive de forcer ce front, dernier rempart du fascisme, ces
hommes venus de tous les pays comprirent quelle grandiose mission
les attendait. Au coude à coude, eux que la France de Daladier
et celle de Pétain avaient traqués, refoulés,
emprisonnés, eux que nos racistes avaient traités comme
les derniers des parias, surent montrer à la France généreuse,
celle des Droits de l’Homme et de la Commune, que l’idéal
prolétarien uni à la défense des libertés
et de l’égalité de toutes les races créait
une force indivisible.
Et tous ceux du
21/XV, de l’ancien guérillero de la Sierra aux «
partigiani » du Piémont, du Polonais ex-feldgendarme
par force aux Juifs réfugiés de l’Europe centrale,
du fantassin de la Volga évadé des camps allemands,
au vieux baroudeur ex-légionnaire bardé de décorations
des campagnes coloniales, s’apprêtèrent à
bondir vers les fortins fascistes, pour le dernier assaut contre les
tyrans : « Avanti… Worwaerts… En avant ! Poussée
formidable vers l’aurore libératrice, annonciatrice d’espérance,
vers un avenir de solidarité humaine.
Le 9 avril, parties
du P.C. avancé de Douans, les unités mises en action
gravissent la tête de la Gerpa, à 2200 mètres
d’altitude, base de départ de l’échelon
d’attaque. L’opération est rendue pénible
par la tempête de neige qui crée de réelles difficultés,
telles le refus des mulets de continuer leur chemin, et l’obligation
pour les combattants de transporter une partie du matériel
à dos d’homme.
Dès 11h30, l’échelon d’attaque est installé
sur sa base de départ, mais, ne raison des mauvaises conditions
atmosphériques, il s’avérait impossible d’installer
comme prévu les bases de feu sur la tête Cimon, à
2700 mètres d’altitude, indispensables pour attaquer
Colla Longa. Il fallut donc renoncer à l’attaque frontale
et passer à une action de harcèlement. Le décrochage
s’opéra à 16h30, et, après quatre heures
de marche, les unités regagnèrent leurs bases.
Le 12 avril, les
éléments du 21/XV entreprirent à nouveau le harcèlement
de Colla Longa et du Pas de Barbacane.
Le 17, ce fut une nouvelle attaque contre le Pas de
Barbacane, ainsi qu’une manœuvre de diversion sur Colla
Longa. Des éléements avancés approchèrent
à 200 mètres des fortifications ennemies., à
trois reprises. Sans aucun appui d’aviation ni d’artillerie,
il leur fut impossible de franchir ces derniers 200 mètres,
et ils durent une fois encore dévaler l’interminable
descente vers Douans.
C’est alors que,
dans un suprême effort, le 20 avril le bataillon 21/XV réussissait
à forcer la passe en prenant d’assaut les fortins du
Pas de Barbacane et en enfonçant les lignes ennemies sur les
crêtes, opération hardie qui se déroula de façon
impeccable que je vais raconter.
Au cours de la
nuit, des groupes de Corps francs avaient réussi à s’infiltrer
dans les lignes ennemies et à y occuper quelques points d’où,
avec leurs armes automatiques, ils dominaient l’ennemi.
A 8 heures du
matin, une section de voltigeurs enlevait d’assaut le première
ligne de défense, et à 9 heures, tous les fortins du
Pas de Barbacane étaient aux mains du 21/XV.
Le fortin en
contrebas se trouvait donc sous le feu des nôtres. Il sauta
deux nuits plus tard, à la suite de l’action d’éclat
accomplie par quelques volontaires qui allèrent placer une
forte quantité d’explosifs sous les portes blindés
de l’ouvrage.
Dans ce combat,
l’ennemi perdait morts, blessés et captifs ; de plus
un butin important tombait entre nos mains.
Bientôt
arrivèrent des renforts, car l’ultime combat restait
à accomplir contre les forces fascistes et nazies.
Après trois jours et trois nuits passés à plus
de 2 500 mètres d’altitude en pleine neige, exposés
à un violent tir d’artillerie, les contingents du 21/XV
essuyèrent une massive contre-attaque qui fut repoussée
et où l’ennemi perdit l’ensemble de l’effectif
engagé, dont quatre officiers.
Vers
l'Italie
Le 28 avril, les
Corps francs pénétraient victorieusement dans les fortifications
de Colla Longa, et le bataillon passait le Pas de Barbacane avec tout
son matériel et ses mulets.
Cœurs battants
pour tous les transalpins, nombreux au 21/XV, qui, après s’être
battus sur leur terre d’accueil, fournissaient leur dernier
effort pour libérer leur patrie, heure solennelle et décisive
pour ces Garibaldiens, pour ces fils d’antifascistes ayant tout
sacrifié dans une lutte terrible de vingt années, ainsi
que tous ces frères de combat, ces immigrés réunis
sous la bannière émancipatrice, et qui allaient vers
le destin nouveau reprendre place au sein des nations resurgies de
la nuit hitlérienne, tous ces Polonais et ces Tchèques,
ces Autrichiens, ces Slaves qui n’avaient cessé de lutter
contre la tyrannie et qui étaient là, au premier rang,
pour briser les barrières de la liberté.
Le 28 au soir,
le bataillon en entier descendait la vallée italienne vers
les Bagni di Vinadio. Les jours suivants, en tête du dispositif
de la Division, le 21/XV commençait une triomphale marche en
accomplissant les étapes de Vinadio, Moiola, Gaiola, Roccasparvera,
et enfin Cuneo.
Ils étaient
reçus partout en libérateurs, au soleil printanier,
à travers ce Piémont tout meurtri des bottes teutonnes,
tout frémissant des guérillas des partigiani dont chaque
sentier disait le sacrifice.
A Roccasparvera,
le bataillon fut relevé du premier échelon et transporté
à Sambucco dans la vallée de la Stura, pour un repos
bien gagné.
Le 9 mai 1945, c’est à Sambucco que ceux du 21/XV apprirent
la fin de la guerre européenne.
Les 450 Italiens
du bataillon furent démobilisés sur place et le chef
du bataillon Michel conduisit ses hommes dans un défilé
inoubliables, sous les acclamations d’une population qui avait
pavoisé les maisons de Cunéo aux couleurs franco-italiennes.
Le reste du bataillon
fut ramené en camion à Puget-Théniers, après
avoir travaillé à réparer la route du Col de
Larche, que l’ennemi avait fait sauter en plusieurs points.
La cité martyre organisa une cérémonie où
furent évoqués les héros morts face à
l’ennemi, où furent remises 37 croix de guerre, sur les
poitrines de 37 braves du 21/XV. La citation suivante était
attribuée au bataillon :
Général
de Brigade Garbay
commandant la 1° D.F.L.
à Monsieur le commandant Michel
commandant le Bataillon 21/XV
Je
croyais vous avoir dit avant mon départ le souvenir que garde
la 1° D.F.L. de la bataille livrée en commun pour libérer
les derniers territoires français des Alpes-Maritimes et aider
les armées alliées à chasser l’envahisseur
allemand d’Italie du nord.
Nous
avons souvent admiré le moral de vos volontaires qui, mal équipés
et mal ravitaillés, ont magnifiquement tenu leurs positions
délicates à la jonction de deux divisions et sont partis
à l’attaque avec ardeur dans un terrain particulièrement
difficile et malgré les intempéries.
Vos
combats au Pas de Barbacane et de Colla Longa, les pertes que vous
avez infligées à l’ennemi en tués et prisonniers,
votre descente dans la vallée de la Stura ont sérieusement
aidé à notre victoire.
[haut
de page]
-Carnet journalier
de Suzanne Balzan -
avril 1945
En
août 1944, Suzanne Balzan, ambulancière conductrice,
est affectée par la Croix-Rouge au service sanitaire de Menton,
occupé par les Allemands. Elle assiste à l’arrivée
des troupes allemandes chassées de Nice.
La Croix Rouge l’affecte par la suite à St Martin du
Var pour évacuer les blessés des trois vallées
: Vésubie, Tinée, Cians. En avril 1945, elle est détachée
avec son ambulance au bataillon 21/XV, à St-Etienne de Tinée,
plus précisément au hameau de Douans, base arrière
des troupes qui vont attaquer sur Colla Longa et le Pas de Barbacane.
Suzanne Balzan est devenue Madame Stoléar.
| Mercredi
4 avril |
| 10h
– |
arrivée
de Mle Suffren à St Etienne de Tinée |
| 14h – |
Départ
de Mlles Frahier et Ferri |
| 15h
– |
Arrivée
de Mlle Balzan
on constate que l’ambulance est absolument dégoûtante,
un seul brancard préparé, un autre déchiré
inutilisable, aucun outillage, même pas une manivelle. |
| 23h
– |
Retour des
deux patrouilles parties depuis 7 heures. Tout le monde va bien,
mais il y a eu un accrochage avec les Allemands. |
| Jeudi
5 avril |
| 14h30
– |
On
monte à Douans avec le docteur pour préparer des
postes de secours en vue de la prochaine offensive. Le premier
poste sera très proche des lignes, à trois heures
de marche de l’endroit jusqu’où pourra monter
l’ambulance, et il y aura deux postes similaires. |
| vendredi
6 avril |
| 11h
– |
Leçon
de secourisme aux 16 futurs brancardiers pour les trois postes
de Douans |
| 14h – |
Leçon
de brancardage en montagne et démonstration (du fonctionnenement)
de l'ambulance |
| 16h –
|
Retour des
patrouilles. il y a eu un accrochage. Nous avons un mort et deux
blessés légers qui sont soignés ici à
l'infirmerie. |
| Arrivée
de camions avec une ambulance chirurgicale de la D.F.L. quatre
tonnes de matériel. |
| samedi
7 avril |
| 10h
– |
L’ordre
de départ arrive pour Douans. L’ambulance devra partir
à 18 heures. |
| 18h
– |
Contrordre
: l’ambulance ne montera que demain à 7 heures. La
compagnie de mitrailleurs et les muletiers montent déjà
à Douans. |
| 23h
– |
D’autres
compagnies partent, le premier groupe du service de santé
également |
| Dimanche
8 avril |
| 7h
– |
Nouveau contrordre : l’ambulance
essaiera de monter à Douans à 14 heures. Il neige
très fort. L’attaque est remise à demain. |
| Lundi
9 avril |
| 8h
– |
Départ
pour Douans ; arrivée à 9h. Nous montons à
pied tout le matériel au premier poste de secours qui est
à 2 heures de marche |
| 9h
– |
Arrivée de deux ambulances légères à
un brancard, car la route est très étroite |
| 13h30
– |
L'attaque
est déclenchée ; du 1er poste nous apercevons et
entendons les mortiers et mitrailleuses |
| 16h–
|
Le feu cesse. Les hommes redescendent.
Il n'y a aucune riposte du fortin allemand, mais les hommes n'ont
pu monter à cause de la neige. L'attaque recommencera mercredi. |
|
14h–
|
On nous apprend que le lieutenant
des Corps francs s'est blessé à l'épaule
en étant renversé par un mulet. Nous montons avec
des brancardiers pour le descendre au poste. Le docteur constate
une fracture de la clavicule, puis on le descend à Douans.
Cette descente a duré 4 heures. Là, une des ambulances
monoplaces l'évacue. Il a surtout souffert du froid, car
le vent n'a pas cessé de la journée, balayant la
neige fraîche. |
| Mardi
10 avril |
| 11h
– |
Visite
de Mme Gaillard |
| 15h
– |
Nous montons à Douans lui faire voir l'infirmerie |
| 19h–
|
Retour
de la patrouille, qui n'a pas réussi à prendre le
fort de Barbacane, mais a fait 17 prisonniers. |
| Mercredi
11 avril |
| 11h
– |
Départ
de Mlle Gaillard avec la Renault. Nous restons avec la Citroën
à un brancard. |
| 14h30
– |
Voyage à Douans pour transport de médicaments avec
la Citroën |
| 23h–
|
Départ
de patrouilles pour le fort de Barbacane |
| Jeudi
12 avril |
| 7h
– |
Départ
à Douans. Nous montons à pied au 3° poste. |
| 15h
– |
Retour de la patruille de nuit, qui est allée à
200 mètres du fort de Barbacane, mais n'a pu le prendre.
Un coup de mortier a tué deux fascistes et blessé
un troisième. |
| 17h–
|
Retour
à St Etienne. Pas un homme n'a été blessé
ni accidenté. |
| Vendredi
13 avril |
| 7h
– |
Départ
pour Douans, nous nous installons au 3° poste. Le temps est
superbe. Les patrouilles aujourd'hui pourront atteindre leur but. |
| 16h
– |
Retour des patrouilles. Il y a eu échange de coups de mortiers
et de mitrailleuses ; pas de blessés; les nôtres
ont réussi à faire un prisonnier |
| 18h–
|
Retour
à St Etienne où l'on annonce que les opérations
vont être interrompues deux ou trois jours. |
| Samedi
14 avril |
| 8h
– |
Mlle
Balzan descend à Nice pour acheter des médicaments
indispensables pour les prochains jours. |
| 15h
– |
Visite de Mlles Nadaulle et Muller, qui ont amené deux
blessés d'Isola à la salle de chirurgie installée
ici par la D.F.L. |
| Dimanche
15 avril |
| Aucune
opération aujourd'hui. Arrivée du Corps franc pour
l'attaque |
| Lundi
16 avril |
| 9h
– |
Evacuation
à Nice d'un prisonnier italien blessé dans le dos
et d'un soldat (pieds brûlés) pour l'hôpital
de la D.F.L.à Beaulieu, hôtel Bristol |
| Mlles
Madaulle et Mullet viennent deux fois amener des blessés
d'Isola. |
| Mardi
17 avril |
| 8h
– |
Départ
pour Douans avec les troupes qui doivent prendre aujourd'hui le
fort de Barbacane |
| 17h
– |
Les troupes reviennent sans avoir pris le fort. La bataille a
été très dure, ils ont recommencé
l'attaque deux fois, mais en vain.Heureusement, pas de blessés. |
| Mercredi
18 avril |
| Plus
d'opération. Au camp des Fourches, huit Italiens sont venus
se rendre |
| 18h
– |
L'ambulance monte à Auron chercher une fillette pour la
descendre à l'hôpital de St Etienne où on
l'hospitalise pour bronchite |
| Jeudi
19 avril |
| 8h
– |
Mlle
Suffren descend à Beaulieu à l'hôpital de
la D.F.L. pour une petite opération |
| 15h
– |
La D.F.L. demande notre ambulance pour descendre à leur
hôpital de Beaulieu deux blessés d'un coup de mortier
à Isola. Voyage pénible : deux crevaisons. Je rentre
à St Etienne à minuit après avoir emprunté
une chambre à air à la police car à 7h, je
dois partir pour les grandes opérations. |
| Vendredi
20 avril |
| 7h
– |
Départ
pour Douans. Toute la nuit, les compagnies sont montées
et ont commencé à l'aube l'attaque du fort de Barbacane |
| 9h –
|
Le
fort est pris. 8 prisonniers italiens et un blessé : j'attends
au P.C. son arrivée. |
| 12h
– |
Réaction de l'artillerie allemande sur le fort |
| 13h
– |
On apprend qu'à St Etienne huit Italiens viennt de se rendre,
ayant abandonné le fort. |
| 15h
– |
Arrivée au P.C. du prisonniers blessé, qui est brancardé
par les autres prisonniers : éclat dans la cuisse. On l'évacue
à St Etienne. |
| 17h
– |
L'artillerie allemande tire sur Douans, un éclat tombe
tout près de moi et de la voiture, un autre atteint la
voiture du commandant |
| 18h
– |
On apprend que les casernes de Barbacane résistent toujours.
D'après les prisonniers, il n'y aurait que deux Allemands. |
| 18h30
– |
Arrivée de Mlle Suffren qui va très bien |
| 19h
– |
Retour à St Etienne, nous préparons notre paquetage
pour bivouaquer à Douans au 1° poste de secours |
| 21h
– |
Nous nous installons à Douans |
| Samedi
21 avril |
L'artillerie
allemande continue de bombarder le fort de Barbacane. Nous avons
un mort. Les cassernes n'ont pu être prises.
Les hommes ont eu très froid la nuit sur les crètes,
ils sont fatigués. |
| 18h
– |
Ils
sont relevés |
| 23h
– |
Deux soldats ont réussi à se glisser près
des casernes pour placer 11 kg de plastic. Forte explosion, mais
la porte ne saute pas et on ne sait pas s'il y a toujours des
hommes à l'intérieur. |
| Dimanche
22 avril |
| 9h
– |
On
nous signale un blessé ; quand il arrive, le docteur constate
que son oeil gauche est perdu |
| 11h
– |
On
annonce un autre blessé léger |
| 12h
– |
Les
occupants d'un fortin voisin demandent un armistice pour retirer
leurs blessés et morts. Le lieutenant de la compagnie le
leur accorde, et comme il est italien, il s'approche pour converser
avec le capitaine de ce fortin qui est fasciste. Il lui dit de
se rendre et de s'unir à eux pour refaire et l'Italie et
chasser les Boches. Le capitaine refuse. C'est bon, on va continuer
à se tirer dessus. Les mortiers entrent en action et à
14 heures le fortin est pris, le capitaine s'est suicidé. |
| Il
y a 22 prisonniers dont 2 Allemands. On trouve 3 blessés
et 2 morts dans le fortin. Les prisonniers interrogés,
à part deux, disent qu'ils en ont assez des Boches, et
pourtant ils en ont peur. Ils venaient tous d'arriver au fortin
en renfort, ils n'ont pas mangé depuis trois jours et ont
marché sans arrêt. |
| 13h
– |
L'un
des prisonniers blessés arrive au 1er poste de secours
où nous sommes restées à les attendre pour
les évacuer. Il est grièvement blessés à
la tête et fatigués par les privations, la marche
et la perte de sang. |
| Notre
blessé et les autres prisonniers ne sont pas encore arrivés. |
| Bombardement
des fortins par notre aviation |
| Lundi
23 avril |
|
Toute
la nuit, l'artillerie allemande a tiré sur Douans et le
Bourguet. Nuit très agitée. A 8 heure, l'aviation
revient bombarder les fortins ennemis. |
| 12h
– |
Arrviée
d'un autre prisonnier italien blessé |
| 17h
– |
Arrivé
du blessé léger d'hier, de nombreux éclats
sur la figure et dans les jambes. Nous l'évacuons à
St Etienne de Tinée |
| 20h
– |
Nous
remontons à Douans. Toute la journée, l'artillerie
allemande a tiré sur le Bourguet. Les obus sifflent juste
au dessus du poste de secours. |
| 23h
– |
On
amène un mort italien, on le dépose dans l'infirmerie
car dorénavant on ne les évacuera plus à
St Etienne. |
| On
apprend que les nôtres viennent de faire encore 10 prisonniers |
| Mardi
24 avril |
| Aujourd'hui,
les nôtres doivent prendre les casernes de Barbacanes. Ils
entendent des appels mais personne ne sort. Ils approchent , et
de l'intérieur les occupants leur crient qu'ils sont bloqués,
le plastic n'a pas fait sauter la porte mais l'a coincée,
ils ont deux blessés depuis vendredi. Les nôtres
font douze prisonniers et évacuent leur deux blessés,
l'un meurt en route et l'autre arrive au 1er poste, près
de l'ambulance à 4 heures du matin. |
| Mercredi
25 avril |
| L'artillerie
et les mortiers allemands tirent constamment sur Barbacane. On
nous annonce deux blessés. Le docteur monte. Il lui faut
quatre heures de marche pour atteindre les casernes. |
| 15h
– |
Nous
sommes montées au dernier poste où, par téléphone,
on apprend que les blessés viennent seulement d'arriver
au fort de Barbacane car, entre les casernes et le fort, les Allemands
bombardent , et il faut passer par les arêtes en faisant
de l'alpinisme. Il a fallu attacher les blessés et les
descendre avec des cordes. |
| 16h
– |
Nous
redescendons au 1er poste, à l'ambulance, où nous
avons la visite du docteur Jouglard, médecin-chef de la
vallée. Nous n'attendons pas les blessés avant 21
heures. Par malheur, il se met à pleuvoir à verse. |
| 19h30
– |
Les
blessés arrivent. Ils ont très froid, en haut, il
neigeait. Nous les évacuons sur St Etienne, rien de grave.
Nous restons à St Etienne pour faire un peu de toilette
car à force de coucher au dessus de l'écurie, nous
sentons la vache..! Je fais également reviser la voiture
(la dynamo) |
| Jeudi
26 avril |
| 9h
– |
Départ
de St Etienne. le capitaine de la D.F.L. nous annonce qu'il installe
sa chirurgie à St Sauveur où nous évacuerons
dorénavant [nos blessés] car les troupes avancent.
La Légion attaque aujourd'hui Vinadio et doit faire la
jonction avec les nôtres qui attaquent Colla Longa. En même
temps, le Génie répare la route qui part d'Isola
pour l'Italie, où bientôt passeront les voitures
et par où se fera l'évacuation des blessés. |
| Il
pleut toujours, les sommets sont blancs, mais le moral est très
bon. |
| 18h
– |
Voyage
à St Etienne pour préparer les médicaments
pour les troupes qui vont passer en Italie. |
| Vendredi
27 avril |
| 7h
– |
Le
P.C. part, ainsi que quelques compagnies, pour Vinadio, qui est
pris depuis hier soir. |
| 9h
– |
Voyage
à St Etienne pour prendre les médicaments pour les
trousses des infirmiers qui partent |
| 10h
– |
Départ
du médecin chef également |
| 11h
– |
Nous
retournons à St Etienne, avec le docteur Santelino |
| Nous
attendons ici avec les autres voitures que la route soit en état
pour partir en Italie. |
| Nous
en profitons pour faire faire un rodage de soupapes à la
voiture. Le reste des compagnies part pour Vinadio. |
| Samedi
28 avril |
| Journée
calme. Arrivée considérable de [soldats de la ]
D.F.L. avec du matériel. |
| Dimanche
29 avril |
| Sur
la route de Vinadio, les jeeps peuvent passer. La D.F.L. quitte
St Etienne. |
| Nous
recevons un ordre du lieutenant Duranceau de nous rendre à
Isola pour nous regrouper avec tout le service sanitaire avant
de passer en Italie |
| La D.F.L. part également
pour la montagne. |
| Lundi
30 avril |
| On
apprend que les deux officiers de la D.F.L. qui sont partis hier
par la montagne ont sauté sur des mines. |
|