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LETTRE DE JEAN COUSIN A JEAN CONSTANT, RESPONSABLE DU GROUPE COMBAT

Activités de Jaques ADAM, janvier -juin 1944

 

 

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DU FERION AU VERDON : LES LYCEENS NICOIS ET LES AUTRES

Témoignages :

 

ADAM Jacques, né le 13 avril 1921 à Heaulne 5seine et Oise)
étudiant, 26 rue Assalit, à Nice

J. Adam, sous le nom de Quersac, était, ainsi que G. Baldo, un responsable des C.F.L.N. (Corps-francs de la Libération nationale, ex Armée Secrète) à Nice.

 




 

 

 

Nice, le 8 novembre 1952
Monsieur Jean Constant
Responsable du groupe Combat
pour les Alpes-Maritimes

Mon Cher Jean,

Tu as bien voulu me demander hier de te fournir un résumé de l’activité de Jacques ADAM, pour la période de janvier 1944 à juin 1944, pendant laquelle il s’est volontairement placé sous mes ordres, après sa rentrée à Nice :
-Reprend contact le 10 janvier 1944 avec la Résistance des Alpes-Maritimes, Groupe 14 juillet –chef AUGIER alias ANGEREAU et GUNSBERG alias GAYAN, qui présente Jacques à PARENT, chef C.F.L.N.
-Constamment volontaire pour toutes les missions, considère que l’on ne l’utilise pas assez lui et les anciens camarades qu’il avait pu regrouper autour de lui – Réclame constamment des charges d’explosifs et de plastics pour intimider les collaborateurs – Participe à plusieurs opérations (transports de vivres, d’armes, etc..)

- Le 5 juin 1944, vers 15h, PARENT reçoit de SAPIN l’ordre de faire monter tous ses hommes au maquis du Férion. Sachant qu’aucune arme, ni vivres, ne sont en place, décide de convoquer les chefs de groupe pour les informer de la situation et émet l’avis qu’un départ massif au maquis n’est pas possible dans ces conditions. Au cours de cette réunion, Jacques ADAM prend la parole, délcare que nous attendons des parachutages d’armes et que lui et ses hommes rejoindront. Sur son insistance, il est décidé que les départs auront lieu par échelons :
- 1° - jeunes des groupe 14 juillet
- 2° - groupes de liaisons et de transmission
- 3° - groupes des P.T.T., etc…
- Le 6 juin au soir ADAM cherche à rejoindre ses camarades déjà partis. Accompagné d’un nommé MAESTRI il parvient à DRAP vers 10 heures du soir. Arrêté par un groupe de la Milice (dans lequel se trouvait un parent de Maestri), il est retenu par eux, avec MAESTRI, jusqu’au lendemain matin, et contraint par les événements de rentrer à Nice.
- - Le 7 juin 1944, rencontre des jeunes du groupe ARNALDI qui, privés de leur chef chargé d’une mission par le chef F.F.I., n’ont pu rejoindre par leurs propres moyens, les rassemble et part avec eux, dans la matinée après avoir reçu de nouvelles consignes de PARENT au « Vieux Bruxelles ».
- Semble avoir rejoint BENDEJUN le 7 juin 1944 au soir et avoir mangé, avec ses hommes, chez CRISTINI, Chef de l’équipe de parachutage. A dû, à ce moment, rencontrer un de ses anciens chefs, n’est pas monté au maquis, et à accompagné celui-ci.
- Le 7 juin 1944, à midi, PARENT reçoit l’ordre du Chef départemental F.F.I.
de suspendre les départs et de faire redescendre ceux déjà partis. L’ordre est transmis immédiatement aux groupes et instance de départ (P.T.T.) et à son adjoint DUPUIS alias Vérité, qui le remplace momentanément au maquis du Férion. Malgré l’opposition de MALHERBE et JACQUEMIN l’ordre reçoit un commencement d’exécution, les groupes ALBATROS, ALBERT et LEON redescendent.

-Le 7 juin après midi, avisé par RODIER que le groupe ADAM se trouve éloigné du maquis, charge RODIER d’un message pour ADAM qui répond « nous n’exécuterons pas cet ordre, nous sommes à proximité du terrain de parachutage. Dès que ceux-ci seront effectués nous rejoindront nos camarades, nous voulons être servis les premiers et être les premiers à combattre ».

-Le 7 juin 1944, vers 18 heures PARENT accompagne un camion de ravitaillement destiné au maquis et confirme l’ordre reçu, aux officiers de l’O.R.A. qui le rejoignent. La nuit, aux carrières rousses (Commune de Coaraze). Ceux ci regagnent le Férion.

-Le 8 juin 1944, les Allemands attaquent le maquis, cernent Châteauneuf- Bendejun et Coaraze – le maquis après s’être défendu de 4 heures du matin à 11 heures se replie sur DURANUS par les crêtes du Férion et échappent aux Allemands. PARENT interrogé chez CRISTINI regagne Nice dans l’après-midi, les Allemands et la milice n’ayant pu prouver l’appartenance de CRISTINI à la résistance.

-Le 9 juin au matin PARENT donne mission à RODIER de rejoindre ADAM, l’informer qu’aucun parachutage n’est attendu pour le moment et de ramener le groupe ADAM avec lui. Il rentre à Nice avec la promesse qu’ADAM rentrera dans la journée.
Il semble qu’ADAM ait exécuté cet ordre dans la soirée et qu’après avoir traversé le Férion par Châteauneuf ait tenté de gagner Nice la nuit.
Il a dû être arrêté avec ses hommes le 10 juin au matin, par la milice, aux abords de Nice. Ayant traversé des bois récemment incendiés, les hommes de son groupe avaient la figure, les mains et les vêtements, hachurés par le charbon de bois. Remis par la Milice à la Gestapo, Jacques ADAM, qui seul était en mesure de dévoiler certains secrets de notre organisation, a résisté à tous les interrogatoires.

Ses compagnons et lui-même furent fusillés à Saint-Julien du Verdon (Basses Alpes), où ils avaient été transportés, par représailles (10 Allemands tués le jour précédent par les F.F.I qui attaquèrent un convoi).

Jacques ADAM, quoique grièvement blessé sut taire ses plaintes et ne reçut pas le coup de grâce traditionnel. Au cous de la nuit du 11 au 12 juin, l’abbé ISNARD et le maire du village se rendirent sur le lieu de l’exécution, le ramenèrent dans une chapelle située en dehors du village et lui donnèrent les premiers soins.

Jacques ADAM confia à l’abbé ISNARD qu’il appartenait à la Résistance Niçoise et lui demanda de prendre contact avec moi au cas où il ne survivrait pas à ses blessures. Il mourut 36 heures après ses camarades. Leurs corps furent photographiés par la brigade de gendarmerie de Castellane où fonctionnait un groupe de résistance, les photos furent remise à la Gendarmerie de Nice. Le Commandant SOYMIE (résistant) identifia immédiatement le jeune AUBE, fils de l’un de ses gendarmes et confia l’identification des autres au gendarme DALMAS, oncle du jeune homme.
Dalmas vint me voir au « Vieux Bruxelles » et ensemble nous identifiâmes ceux de mes groupes et BALDO. Le gendarme DALMAS se chargea de prévenir les familles. Le fis personnellement prévenir la famille ADAM.

Je puis assurer que Jacques ADAM était le meilleur d’entre nous et que tout ce qui pourra être fait pour glorifier sa mémoire ne sera qu’un juste hommage à sa vaillance et à son sacrifice.

Jean Cousin alias PARENT

Douments-Témoignages-Recherche

publié par le Musée de la Résistance Azuréenne
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