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Document écrit par Joseph Arnaldi sur le cahier de texte du Lycée. |
Sur
deux feuilles de cahier de textes du lycée. Document de la
main de Joseph Arnaldin, remis par Raymond Bailet. France. Je prends toute la responsabilité de cet ordre, car c’est un ordre que je vous donne. Si certains d’entre vous connaissent des membres actifs de la Gestapo ou de la milice, qu’ils m’en communiquent le nom et l’adresse ainsi que l’heure la plus propice pour leur régler leur compte. Mais il nous faut des renseignements très sûrs. D’une façon générale, voilà ce que nous attendons de vous. Nous avons de temps en temps un coup de main à faire. Je vous ferai avertir par vos chefs mais généralement vous serez avertis très peu de temps à l’avance et vous devrez alors tout quitter pour remplir la tâche qui vous sera confiée. Aucune excuse ne sera valable autre qu’un empêchement venant des parents, et je demande aux caporaux et sergents e vérifier soigneusement ces excuses. Vous devez comprendre dès maintenant qu’il n’est plus temps de s’esquiver, vous êtes de la résistance ou vous n’y êtes pas. Il n’y a pas de milieu. La résistance n’est pas comme beaucoup le croient un mouvement ou une association à la mode. Je veux des hommes et non des mauviettes avec moi. Et être un homme, ce n’est pas tellement savoir manier un pétard ou une mitraillette. C’est surtout savoir obéir à ses chefs en toute circonstance, quels que soient ces chefs. Ils ne sont pas d’ailleurs choisis d’une façon arbitraire. Il ne tiendra qu’à vous de les remplacer s’ils ne sont pas à la hauteur de leur tâche. Je ne veux pas dire par là que le groupe aura le droit de choisir son chef, mais que je tâcherai toujours de nommer celui qui en sera le plus digne… Je veux vous dire aussi que vous ne devez pas vous désespérer parce que le débarquement tarde. Ce débarquement délivrerait sans doute notre pays du fléau germanique, mais est-ce une raison de se dégonfler parce qu’il ne vient pas ? Au contraire, nous devons continuer la lutte toujours plus ardemment parce que beaucoup des nôtres tombent et que nous ne devons pas laisser le Boche tranquille. Nous devons le harceler au contraire pour qu’il se sente peu en sûreté dans notre pays, ainsi son moral sera affaibli et la victoire plus proche. Ceux qui attendent la délivrance par le débarquement et ne veulent pas bouger avant, ce sont ceux qui font de la résistance entre 9 heures et 10 heures en écoutant Londres. Ils ne veulent pas en faire plus, ce serait trop dangereux. Mais nous, nous sommes jeunes, nous gardons encore un peu d’enthousiasme, un peu de foi dans la France et une volonté de lutte qui, je l’espère, ne se démentira jamais. Nous n’attachons pas encore assez de prix à la vie pour lui sacrifier nos idées. Lus tard, quand vous évoquerez cette guerre, vous n’aurez pas à rougir, vous aurez fait votre devoir, tout votre devoir.
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